Alma est désormais un centaure. En effet, la fintech française, spécialisée dans le paiement fractionné et différé, a enregistré 114 millions d’euros de revenus annuels récurrents (ARR) l’an passé, soit une hausse de 32 % sur un an. De quoi permettre à l’entreprise de boucler l’année 2025 avec un résultat net positif, sans toutefois préciser ce dernier.

Pour Alma, c’est donc un cap symbolique qui vient d’être franchi sur un marché particulièrement exigeant. «Cela s’inscrit dans la continuité d’une marge opérationnelle positive depuis plusieurs années, et garantit à l’entreprise une croissance indépendante pérenne, sans besoin de nouveaux capitaux ou actionnaires pour financer son activité», indique la société tricolore. Pour financer son développement, cette dernière avait notamment levé 115 millions d’euros en février 2022. Une opération alors complétée par 95 millions en dette pour son activité opérationnelle de crédit aux consommateurs.

En 2025, Alma assure avoir séduit plus de 5 000 commerçants supplémentaires, comme La Redoute, LDLC, KLM et ManoMano, ce qui a porté à 23 000 son nombre de clients en Europe. En parallèle, l’entreprise indique avoir touché 2,3 millions de nouveaux consommateurs sur le Vieux Continent. Dans ce contexte, Alma a réalisé un volume d’affaires de 2,5 milliards d’euros en 2025, en progression de 30 % par rapport à 2024. Les secteurs du bien-être (volume de transactions en hausse de 57 %), du voyage (53 %), de l’électronique (40 %) et des télécoms (40 %) ont porté la croissance de la fintech lors de l’année écoulée.

Accélérer en Italie, en Espagne, au Portugal, en Allemagne et au Benelux

Présente dans une dizaine de pays européens, la société assure avoir connu une forte accélération en Italie, en Espagne et au Benelux. Mais c’est en Allemagne que la croissance a été la plus forte à l’international. «L’ambition est claire : accélérer notre leadership européen et continuer à transformer le paiement en plusieurs fois en une infrastructure simple, transparente et performante au service de l’économie réelle, portée par une croissance maîtrisée et une profitabilité pérenne», indique Louis Chatriot, co-fondateur et CEO d’Alma, qui a lancé la fintech française en 2017 avec Guillaume Desloges.

Alma va donc continuer à étoffer sa présence dans ces quatre marchés clés ainsi qu’au Portugal pour se faire un place de choix en Europe face au géant suédois Klarna. Ce dernier a levé 1,4 milliard de dollars dans le cadre de son IPO à Wall Street en septembre 2025. Si l’opération a valorisé le groupe scandinave à environ 15,1 milliards de dollars, un montant supérieur aux 14 milliards initialement visés mais largement en-dessous des 45,6 milliards de dollars enregistrés lors d'un tour de table de 2021, celui-ci ne vaut plus que 6 milliards à la Bourse de New York. Pour rappel, le paiement fractionné, ou «Buy Now Pay Later» (BNPL), est en plein essor depuis le début de la pandémie de Covid-19.