Si le XVIIIe arrondissement de Paris a le vent en poupe avec l’arrivée de Mistral AI et de la «Cortex House», la «Silicon Sentier» n’a pas dit son dernier mot. En effet, le quartier technologique de la capitale, qui héberge notamment la Climate House, va voir débarquer un nouvel occupant particulièrement ambitieux : la banque en ligne britannique Revolut. Cette dernière est l’un des rares colosses de la tech européenne au rayonnement mondial avec plus de 70 millions de clients dans le monde et une valorisation de 75 milliards de dollars.

Revolut a signé un bail de 10 ans pour s’offrir un immeuble haussmannien rue de Réaumur. Dans ce dernier, la néobanque anglaise occupera plus de 2 400 mètres carrés de bureaux répartis sur six niveaux pour accueillir à terme 500 salariés, dont les 200 recrutements annoncés l’an passé pour renforcer les effectifs de la filiale française. Entièrement rénové l’an passé, le bâtiment ouvrira ses portes début 2027. Et il sera difficile d’ignorer son locataire puisque le logo de la banque sera affiché au rez-de-chaussée.

25 millions de clients sous la houlette de ce siège parisien

Ce siège parisien de Revolut constituera son hub pour rayonner sur l’Europe de l’Ouest. Outre la France, deuxième marché de la fintech britannique avec plus de 7 millions de clients, cette antenne chapeautera également l'Espagne (6 millions de clients), l'Italie (4,5 millions de clients), l'Allemagne (3 millions de clients), l'Irlande (3 millions de clients) et le Portugal (2 millions de clients), soit un bassin de plus de 25 millions de clients. Quant aux marchés d'Europe centrale et d'Europe de l'Est, ils seront supervisés par le siège lituanien.

«Avec plus de 25 millions de clients, l’Europe de l’Ouest est désormais la région la plus importante de Revolut mais aussi celle qui connaît la croissance la plus rapide - et elle recèle encore un potentiel considérable inexploité. La France est au cœur de cette dynamique positive, c’est pourquoi nous avons choisi Paris pour y installer notre siège régional», indique Antoine Le Nel, directeur de la croissance et du marketing chez Revolut.

Décrocher une licence bancaire en France

C’est aussi une manière pour Revolut de concrétiser ses promesses annoncées lors du sommet Choose France il y a un an. A cette occasion, la fintech avait fait part de son intention d’investir plus d’un milliard d’euros sur trois ans, notamment pour disposer des fonds propres supplémentaires imposés par le régulateur français pour jouir d’un agrément bancaire dans l’Hexagone. Ainsi, Revolut va déposer une demande de licence bancaire auprès de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

Avant de s’offrir ce siège en plein cœur de Paris, la banque britannique avait déjà commencé à structurer son antenne française en recrutant Frédéric Oudéa, ex-directeur général de la Société Générale, au poste de président pour l’Europe de l’Ouest. Ce dernier épaule Béatrice Cossa-Dumurgier, passée par BNP Paribas et le conseil d'administration de Société Générale, qui a été nommée l’an passé à la direction générale de cette branche.

Pour la fintech dirigée par Nikolay Storonsky, tous les voyants sont au vert, surtout que l’un de ses rivaux, N26, a vu sa gouvernance bouleversée l’an passé avec la mise en retrait de son patron historique. Au niveau financier, Revolut a passé la barre des 5 milliards d’euros de revenus en 2025, contre 3,7 milliards en 2024. La banque britannique espère atteindre dans les prochaines années la barre symbolique des 100 millions de clients mais elle espère passer le cap des 10 millions en France dès cette année.