Cap à l’international pour Le Fourgon ! En effet, l’entreprise française, spécialisée dans la livraison et la récupération des produits consignés à domicile, débarque en Belgique et en Espagne. Il s’agit de nouveaux terrains de jeu pour la société qui couvrait déjà 45 % du territoire français, avec une présence dans plus de 3 000 villes de l’Hexagone.

Pour l’entreprise nordiste, mettre le cap sur la Belgique semblait une étape naturelle dans sa stratégie de développement à l’international. Plutôt que Bruxelles, c’est depuis Liège que Le Fourgon a décidé de lancer ses premières livraisons belges, avec un rayon d’action de 50 kilomètres autour de son entrepôt. «Quand on ouvre un pays, il y a la complexité de langue, de la logistique, de l’offre… A Liège, il n’y a pas la complexité de la langue. Et la taille du marché idéale puisque cela constitue un bassin de population de 700 à 800 000 habitants. Si on s’attaque directement à une grande ville, cela peut vite devenir un enfer sur le plan logistique. Avec Le Fourgon, on a tout fait sauf Paris au départ. C’est pareil avec Bruxelles en Belgique», explique Charles Christory, co-fondateur et PDG de la startup lilloise. Après cette entrée en matière, Le Fourgon prévoit de s’étendre progressivement de l’autre côté de la frontière pour déployer ses activités dans d’autres régions belges.

Un rachat pour mettre le pied sur le marché espagnol

Si la société tricolore a choisi la Belgique, c’est tout naturellement qu’elle s’est tournée vers l’Espagne au sud. Mais pour faire son nid sur le marché espagnol, Le Fourgon s’est, cette fois, tourné vers la croissance externe. Ainsi, la startup espagnole Re-pot Market a été rachetée. Les modalités financières de l’opération n’ont pas été dévoilées.

Fondée en 2020 par Alejandro Roset Cardona et Javier Maella, cette entreprise opère dans la région de Barcelone et revendique déjà 2 000 clients. Elle réalise un million d’euros de chiffre d’affaires. «Nous avons discuté avec les fondateurs et le courant est bien passé. Plutôt que de tout faire en double, on s’est demandé si ce n’était pas mieux de faire les choses ensemble», indique Charles Christory. Voici donc les deux entreprises main dans la main avec une nouvelle entité pour conquérir le marché espagnol : La Furgo.

A Barcelone, l’objectif est d’atteindre la barre du million de nouveaux contenants réemployés au bout d’un an et de créer une vingtaine d’emplois locaux. Au-delà de la ville connue notamment pour la Sagrada Família, la feuille de route prévoit un déploiement dès 2027 dans d’autres villes espagnoles, à l’image de Madrid et Valence. «En Espagne, il y a le même niveau de conscience que la France au niveau de la consigne. Et je pense même qu’ils vont aller plus loin que la France», souligne Charles Christory pour évoquer le potentiel du marché espagnol.

La CEO de La Tournée à la tête du développement international

Après le Belgique et l’Espagne, Le Fourgon a-t-il déjà d’autres marchés dans le viseur ? «Durant les 12 à 24 prochains moins, on va se concentrer sur nos marchés existants. Je préfère être très fort en France, en Belgique et en Espagne plutôt que d’être moyen dans plein de pays. Une fois que nous y parviendrons, nous penserons à nous lancer dans d’autres pays. Mais clairement, on veut être cette plateforme européenne qui remet la consigne au goût du jour», indique le patron de l’entreprise nordiste.

Les clés du développement à l’international ont été confiées à Juliette Poiret, co-fondatrice et CEO de La Tournée, principal rival francilien du Fourgon absorbé en décembre dernier. Cette acquisition a permis à l’entreprise à l’ADN lillois d’atteindre la barre des 100 000 clients. La croissance externe est d’ailleurs un levier qu’étudie Le Fourgon pour son expansion européenne. «Si une acquisition nous permet de gagner du temps, c’est un deal qui ferait du sens. Acquérir une entreprise qui nous ressemble, ce n’est pas à exclure. Mais pour l’instant, je pense qu’on a les moyens nécessaires pour bien nous développer dans nos trois pays», estime Charles Christory. Doucement mais sûrement, la révolution de la consigne trace son chemin à travers l’Europe.