Doctolib ouvre un nouveau chapitre de son expansion européenne. La licorne française spécialiste de la prise de rendez-vous médicaux, a racheté la start-up britannique Medicus Health pour s'attaquer au marché des médecins généralistes outre-Manche, détenu depuis plus de deux décennies par un même duopole. Le montant de l'opération n'a pas été communiqué. 

Le Royaume-Uni est le cinquième pays où Doctolib s'est installé, après la France, l'Allemagne, l'Italie et les Pays-Bas. Le groupe français s'est engagé à investir au Royaume-Uni "plus de 100 millions de livres sterling" dans les prochaines années et à "recruter 150 personnes", pour ouvrir notamment un "centre de recherche et développement dédié à l'innovation en soins primaires", affirme son PDG et cofondateur Stanislas Niox-Chateau.

L'effectif de Medicus, de 25 personnes, "va doubler dès cette année", indique t-il. La start-up britannique a développé un logiciel de gestion de cabinet pour médecins généralistes. Elle a obtenu en juin 2025 la validation de son produit par le NHS anglaise (système public de santé britannique), s'ouvrant ainsi un vaste marché pour l'instant détenu par le quasi-duopole formé par Optum (filiale de l'assureur santé américain United Health) et TPP.

Une valorisation à 3,6 milliards d'euros 

Doctolib va pouvoir "accélérer" la dynamique de Medicus "en apportant son savoir faire européen et ses solutions d'intelligence artificielle pour simplifier le quotidien des équipes soignantes", précise la scale-up française. Lancée au départ en tant que plateforme de prise de rendez-vous pour les médecins, Doctolib, qui emploie 3.000 salariés, a progressivement élargi son domaine d'activité aux outils de gestion de cabinet (dossiers patients, facturation et télétransmission à l'assurance maladie, assistance en consultation, assistant téléphonique).

En France, la société progresse rapidement sur ces marchés, venant défier notamment les poids lourds historiques Cegedim et Compugroup Medical. Doctolib a réalisé 422 millions d'euros de revenus l'année dernière et a atteint la rentabilité il y a quelques mois, 12 ans après sa création. Après une récente opération sur le marche secondaire, l'entreprise est valorisée 3,6 milliards d'euros, contre 5,8 milliards lors de sa dernière levée de fonds en 2022.