Les 4,2 millions de TPE et PME françaises qui font tourner la construction, l’hôtellerie ou encore le négoce ont un point commun : elles échappent encore largement aux outils traditionnels de prospection commerciale. Peu présentes sur LinkedIn, rarement identifiables via leur stack technologique ou leurs offres d’emploi, elles restent en dehors du radar des grandes plateformes B2B, aussi bien en France qu’aux États-Unis.
C’est ce marché que Leadbay veut cartographier. La startup parisienne annonce une levée de fonds en amorçage de 4,3 millions de dollars auprès de Y Combinator, Rebel Fund, Progressive VC, Bright Data Ventures, Inovexus, Roosh Ventures et Station F, avec la participation des business angels Philippe et Alex Bouaziz (Deel) ainsi qu’Edouard Mascré (Pennylane).
Ce financement doit permettre à l’entreprise d’accélérer son développement commercial aux États-Unis, où elle vient déjà d’ouvrir un bureau à San Francisco, de recruter sept personnes supplémentaires et de financer un partenariat de recherche avec la Sorbonne.
Reproduire le raisonnement d’un commercial expérimenté
Fondée par Ludovic Granger et Milan Stankovic, docteur en IA, Leadbay développe des modèles d’inférence capables de qualifier des prospects à partir d’un nombre limité de données publiques. « L’idée est de reproduire le raisonnement d’un commercial expérimenté », explique Ludovic Granger, cofondateur et CEO de Leadbay.
L’outil peut par exemple croiser la localisation d’un salon de coiffure, son positionnement tarifaire ou encore la présence de concurrents dans la zone afin d’évaluer son potentiel commercial pour une marque comme L’Oréal, même lorsque peu d’informations sont disponibles en ligne. « Un commercial chez L’Oréal connaît généralement 15 à 20 % de son marché. Nous sommes capables de lui montrer qu’il existe parfois deux ou trois fois plus de clients potentiels », affirme Ludovic Granger.
La plateforme s’active à partir d’une simple adresse e-mail professionnelle et affine progressivement ses recommandations à partir du site web de l’entreprise et de son historique commercial. Leadbay assure que ses clients multiplient par trois la taille de leur marché adressable et que 55 % des contrats conclus proviennent d’entreprises qu’ils n’auraient pas identifiées avec leurs outils habituels. Parmi les clients déjà embarqués figurent notamment Saint-Gobain, L’Oréal, Gerflor USA, Nespresso B2B, Fayat USA ou encore Deel.
Une expansion déjà lancée aux États-Unis
Le tournant américain s’est accéléré après un échange avec Garry Tan, CEO de Y Combinator, durant l’été 2025. Les fondateurs passent alors plusieurs mois aux États-Unis afin de tester le marché avant d’intégrer la promotion F25 du célèbre accélérateur. Leadbay dispose désormais d’un bureau opérationnel à San Francisco, installé près de Dolores Park.
Ancien investisseur avant de lancer sa startup, Ludovic Granger estime que les outils de prospection actuels restent principalement conçus pour les entreprises technologiques et les sociétés déjà fortement numérisées. « La tech fonctionne énormément avec la donnée. Mais une grande partie de l’économie repose encore sur la relation humaine et la connaissance terrain. Nous essayons d’apporter cette donnée du dernier kilomètre que les modèles généralistes ne produisent pas », explique-t-il. L’entreprise compte aujourd’hui dix collaborateurs, dont huit ingénieurs basés en France.