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#MaddyStory Cyril Zimmermann, « notre marque de fabrique, c’est notre capacité à rebondir »

#MaddyStory : Cyril Zimmermann, « notre marque de fabrique, c’est notre capacité à rebondir »
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PDG du groupe Hi-Media et président de l’ACSEL, Cyril Zimmermann fait partie de ces entrepreneurs du digital qui réussissent depuis 20 ans grâce à leur tenacité. Portrait.

Ce qui ressort lorsque l’on rencontre Cyril Zimmermann, c’est la douceur du personnage, son humanité, mais aussi son autorité naturelle, celle d’un patron qui depuis 20 ans, est à la tête d’une entreprise cotée en bourse. Rencontré mi-mars à la Gaîté Lyrique, il est revenu pour Maddyness sur son parcours, ses réussites comme ses échecs, et surtout ses ambitions pour 2016.

De l’ENA au groupe media international

C’est après deux échecs au concours d’entrée de l’ENA que Cyril Zimmermann se lance dans le monde entrepreneurial. Alors âgé de 24 ans, il s’associe avec son ami Bruno Laforestri pour lancer la régie publicitaire Hi-Media.

Partis sur de la vente de publicité sur CD-Roms, les deux étudiants de Science Po se rendent rapidement compte que le projet n’est pas viable, et se tournent quelques mois plus tard vers la vente d’espaces publicitaires sur Internet. La startup connait alors une hyper croissance pendant trois ans, jusqu’à une entrée en bourse réussie, en juin 2000.

Mais l’éclatement de la bulle internet va changer la donne. Hi-Media perd quasiment tout : chiffre d’affaires en chute, réduction des effectifs de moitié, annulation de contrats dans certains pays, Cyril Zimmermann met tout en oeuvre pour sauver sa société. Attiré depuis longtemps par le milieu de la presse, il donne alors un nouveau souffle à Hi-Media en le repositionnant comme un groupe media Online.

15 ans plus tard, le groupe a connu des hauts et des bas. Après avoir annoncé l’arrêt de certaines activités non rentables pendant l’été 2015 pour se concentrer sur celles qui ont un potentiel de croissance, Hi-Media affichait une perte nette de 40,3 millions d’euros en 2015.

Sur Hi-Media, le travail de remise à plat a été fait, et on repart en croissance. Toutes les énergies sont possibles pour réécrire une nouvelle aventure et de nouvelles activités dont la publicité locale et le native advertising.

De nouveaux horizons pour 2016

Avec Hi-Pay (acteur du paiement en ligne) et Hi-Cab (spécialisé dans les moto-taxis) qui ont rejoint le groupe, Cyril Zimmermann a atteint ses objectifs de réussite. Il s’est installé à San Francisco pour développer les activités publicitaires de Hi-Media et les activités de paiement de Hi-Pay sur le marché américain.

Je me suis attaché à deux choses : développer des réseaux commerciaux avec des acteurs américains qui peuvent nous donner des contrats en Europe, et essayer de réfléchir, dans la palette de services que nous proposons sur Hi-Média et Hi-Pay, ceux qui ont une chance aux États-Unis, et comment les développer sur le marché américain. 

Hi-Media, dont les activités sont aujourd’hui majoritairement portées vers l’international, a déjà signé plusieurs accords dont Microsoft pour la Belgique et le Portugal, et avec Dailymotion pour l’Italie et l’Espagne. Et lorsqu’on l’interroge sur les facteurs de réussite aux US, il parie avant tout sur une stratégie marketing bien rodée.

Si vous existez ne serait-ce qu’un peu aux États-Unis, c’est l’équivalent d’un très gros succès en France. Pour réussir, il ne faut pas faire ce que d’autres sociétés américaines ont déjà proposé et implanté, sinon vous ne servez à rien, même si votre technologie est meilleure. 

Pour faire « tourner la machine », Cyril fonctionne sur un modèle de management à distance avec ses équipes parisiennes. Une technique déjà éprouvée lorsqu’il s’était installé à Marseille, quelques années plus tôt.

Ça me permet d’avoir quelques jours de recul face aux opérateurs, et ça permet aux équipes d’être plus autonomes

Une autonomie qui, couplée à une véritable ténacité de ses équipes, a permis à Hi-Media de bâtir un véritable succès malgré les différentes crises qu’il a traversé en 2001, 2008 et 2015. Le groupe sait gagner de l’argent, mais accepte aussi d’en perdre. Une marque de fabrique qui lui a donné la capacité de rebondir, et qui devra encore faire ses preuves, pour les années à venir.