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#MaddyGrowth « Ce qui m’a permis de me lancer c’est l’ISF », Samir Addamine, fondateur de Follow Analytics

#MaddyGrowth : « Ce qui m’a permis de me lancer c’est l’ISF », Samir Addamine, fondateur de Follow Analytics
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Il a grandi à Vesoul, a fait ses armes à Paris avant d’aller séduire la Silicon Valley. Samir est derrière la société Follow Analytics, une solution en SaaS d’analytics pour apps mobiles, qui a enregistré 2400 % de croissance entre la 1ère et la 3ème année d’activité. Retour sur un parcours semé d’embûches et de belles rencontres.

L’aventure Follow Analytics démarre à Paris début 2013. Le mobile devient alors la pierre angulaire de la profonde transformation de nombreux métiers et les applications engouffrent désormais non plus des dizaines de milliers d’euros d’investissement par société mais des centaines de milliers d’euros.  Samir Addamine, vient de passer quelques années dans le consulting quand il décide de s’attaquer au monde du software dans le mobile. “Il n’existait alors pas d’outil d’analyse pour les apps mobile qui permette également de faire du CRM mobile“, explique Samir Addamine.

Plutôt que de développer un CRM, il décid de connecter sa plateforme aux mastodontes de la relation client déjà existants comme les Salesforce, SAP et consorts. Outils d’analytics, de marketing automation et de CRM tout à la fois, le prototype de la solution Follow Analytics est créé en mars 2013.

Je décide alors de chercher de l’argent à Paris. Je n’en trouve pas. Aucun VC n’était intéressé. J’ai même rencontré un junior qui m’a envoyé par la suite  un mail hyper négatif qui me disait que mon concept n’allait nulle part. Ce qui m’a finalement permis de me lancer c’est l’ISF avec les 250 000 euros que d’autres entrepreneurs ont investi dans ma société pour réduire leur cotisation”  

Rapidement, les business angels conseillent à Samir de s’envoler pour les États-Unis pour y faire grossir sa société. Samir se repose alors sur un concours de startups pour prendre sa décision « si je gagne j’y vais ». Il perd. Mais y file quand même. Il participe alors à un autre concours, qu’il ne gagne toujours pas, mais duquel il termine finaliste. Une position qui permet au fondateur de Follow Analytics de se faire repérer par la presse américaine qui compte : rapidement, le Wall Street Journal et Venture Beat consacrent un article à la solution de ce petit Frenchy qui intègre de la data mobile dans un CRM classique. Après un bref retour en France, VC et et journalistes le contactent.

J’ai passé les différentes étapes du rendez-vous à l’américaine, d’abord 15 minutes au téléphone, puis 30 minutes de visu avec un junior avant d’accéder à un entretien d’une heure avec un senior

Les allers-retours entre l’Europe et les États-Unis s’intensifient alors entre avril et juillet. “Pendant cette période, j’ai également vu des investisseurs français, qui n’ont toujours pas accroché mais l’écosystème du soft n’est pas en France, il est aux États-Unis. Même si les choses évoluent pas mal en termes d’investissement en France, notamment grâce à Bpifrance, une société du software devrait selon moi être aux Etats-Unis durant ces 10 premières années“, pense Samir.

17 millions de dollars levés en 3 ans

Tout s’accélère en juillet lorsque le fondateur de Salesforce, Marc Benioff, entend parler de Follow Analytics. “Il demande à me rencontrer mais pour moi le produit n’était pas assez abouti, pas assez avancé et je n’avais pas assez de clients”. Rapidement, Samir est ramené sur Terre : une occasion pareille ne se représentera probablement pas. Il file aux Etats-Unis lui faire la démo de son produit. Marc est conquis, il investit et présente à Samir des personnalités influentes de son réseau. En 2014, Follow Analytics lève 3 millions de dollars. A la fin de l’année, Samir emmène sa tribu dans la Silicon Valley et s’économise des allers-retours incessants entre le pays qui héberge encore sa R&D mais qui n’a pas cru en lui, et les États-Unis qui l’ont accueilli à bras ouverts.

Au tour suivant, Follow Analytics rafle 10 millions de dollars. Une somme conséquente, qui n’atteint tout de même pas les montants levés par la concurrence, qui oscillent entre 25 et 50 millions de dollars. En trois ans, les montants levés atteignent 17 millions de dollars. Follow Analytics est la plus jeune des sociétés de ce marché, mais elle sait rapidement faire la différence.

Alors que les autres ciblent les startups et les PME, Follow Analytics s’attaquent dès le début aux grandes entreprises et aux groupes qui pèsent. En Europe, Follow Analytics a séduit des Renault, L’Oréal , Allianz, Total ou encore Veolia… et compte bien faire de même aux États-Unis. Et alors que la plupart des concurrents fonctionnent avec des modèles freemium, Follow Analytics fonctionne en Saas, avec des abonnements qui démarrent à 4000 dollars. Résultat : de la 1ère à la 3ème année, la société enregistre une croissance de 2400%, séduit 1/3 des entreprises du CAC 40 et vise une quarantaine de compte du Fortune 2000 après avoir signé la plus grosse banque américaine : Wells Fargo. 28 personnes travaillent aujourd’hui en France, 9 aux États-Unis, et un bureau vient tout juste d’être créé à New York.  Le challenge : être dans le top 5 américain de la catégorie.

Animé par le désir de permettre à d’autres de réaliser ce qu’il a accompli, Samir consacre une partie de son temps au coaching de trois startups.

Pourquoi est-ce que je coache des startups ? Parce qu’en France nous avons des gens brillants, des Elon Musk en puissance, mais qui n’iront pas loin parce qu’ils n’ont pas mis un pied dans l’écosystème qui leur permettrait d’exploser.”  

Comme quoi, tout le monde ne peut pas être un Léon, et ce ne sont pas les 60 000 Français expatriés dans la Valley qui diront le contraire.