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Finance

#MedTech Inato lève 1,3 million d’euros pour faire baisser le coût des essais cliniques

#MedTech : Inato lève 1,3 million d’euros pour faire baisser le coût des essais cliniques
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La startup Inato a mis au point une solution permettant de cibler les médecins les plus à même d’être intéressés et de correspondre aux exigences d’un essai clinique, préalable à la mise sur le marché d’un traitement. Serena Capital, Fly Ventures (GE) et Kima Ventures ont été séduits.

La révolution médicale passe (aussi) par la baisse du coût des médicaments. Se soigner tous et se soigner mieux signifie pouvoir se soigner moins cher. C’est là le défi colossal auquel s’est attaqué la startup Inato. Plus précisément, elle automatise et optimise la procédure de recrutement de patients pour les essais cliniques, qui ont lieu avant la mise en circulation à grande échelle d’un traitement afin d’en tester l’efficacité et identifier les éventuels effets secondaires. Or, “plus les essais prennent du temps, plus le coût de développement du médicament augmente tout comme son prix final et plus sa mise sur le marché est retardée, ce qui raccourcit le délai avant l’expiration du brevet déposé par le laboratoire pharmaceutique qui l’a mis au point“, explique Kourosh Davarpanah, CEO d’Inato. D’où l’intérêt pour les laboratoires comme pour les consommateurs de raccourcir au maximum le temps de l’essai et notamment la phase de recrutement des patients, souvent inutilement longue et fastidieuse.

Pills on a white background

Plusieurs startups se sont déjà lancées sur ce créneau, sous forme de plateformes permettant à l’offre (des laboratoires pharmaceutiques en recherche de patients pour l’essai clinique) de rencontrer la demande (des patients prêts à participer à l’essai). “Cette approche ne fonctionne pas, tranche Kourosh Davarpanah, parce qu’un essai clinique n’est pas fait pour aider un patient au temps T mais pour aider d’autres patients dans le futur.

Identifier des médecins intéressés

Difficile pour des malades d’entendre cela et de comprendre que l’essai doit au contraire permettre de valider ou non le médicament. “C’est pourquoi notre solution est de passer par les médecins, qui est le premier intéressé par un essai clinique pour aider ses futurs patients.

La solution d’Inato permet en quatre étapes d’identifier les médecins les plus à mêmes de conduire l’essai. D’abord, il s’agit de cibler des “candidats“, c’est-à-dire les médecins qui, selon leur profil, leurs thèmes de recherche et leur spécialité, seront les plus à même d’être intéressés par un essai clinique sur un médicament spécifique. Ensuite, Inato contacte ces “candidats” pour confirmer leur intérêt potentiel. Ces informations sont ensuite croisées avec les exigences du laboratoire pharmaceutique avant que la sélection ne soit optimisée à l’échelle globale en fonction des contraintes inhérentes à l’essai (avoir un banc d’essai suffisamment varié pour que les résultats soient représentatifs et concluants). Et tout cela grâce à des algorithmes d’intelligence artificielle qui mettent à jour les données au fur et à mesure.

Tubes

Se développer dans des marchés-cibles

Pour continuer à améliorer sa solution, Inato annonce ce mercredi une levée de 1,3 million d’euros auprès notamment de Serena Data Venture, le fonds dédié à la data et à l’intelligence artificielle de Serena Capital, Fly Ventures (GE) et Kima Ventures. Une opération qui lui permettra de rendre sa solution prédictive grâce au recrutement d’ingénieurs data. “Ce ne sont pas des data scientists à proprement parler, précise Kourosh Davarpanah. Ces derniers sont davantage portés sur l’analyse de données alors que nous cherchons au contraire à recruter des ingénieurs capables de créer un ensemble cohérent de données.” L’équipe devrait ainsi passer d’une dizaine à une vingtaine de personnes.

Inato tire aujourd’hui ses revenus des laboratoires pharmaceutiques et des CRO (contrat research organizations ou société de recherche contractuelle) spécialisés dans les essais cliniques. Ces derniers bénéficient de la solution d’Inato en SaaS mais rémunèrent la startup à l’essai. “Notre objectif est de devenir un partenaire privilégié de 5 à 10 laboratoires pharmaceutiques et CRO, d’être une partie intégrante de leur process d’essai clinique“, explique Kourosh Davarpanah. Pour cela, la startup mise notamment sur la multidisciplinarité de son équipe fondatrice, constituée de deux médecins et deux ingénieurs et présentant donc une expertise dans le domaine médical dont peu de jeunes pousses peuvent se prévaloir. Un atout qui devrait également être utile lors de la prochaine étape de développement pour Inato : étendre sa prospection commerciale à d’autres pays européens, en premier lieu l’Allemagne, la Suisse et le Royaume-Uni où se concentrent certains des plus grands laboratoires mondiaux.