Retour en haut
Innovation

#Éducation Vers une French Edtech ?

#Éducation : Vers une French Edtech ? Crédit : iStock by Getty Images

Les acteurs français de la Edtech sont nombreux et très dispersés. Des barrières sectorielles et le manque de visibilité du secteur font qu’ils ne communiquent pas et que toujours plus de startups se créent sur une même verticale prenant le risque de se positionner sur un concept déjà développé par d’autres.

Les futurs entrepreneurs n’ont pas la visibilité nécessaire sur ce marché prometteur afin de se lancer. Où chercher du soutien, des mentors, des partenariats académiques, des opportunités de financement dans un écosystème peu développé ?

L’importance de favoriser l’émergence d’un écosystème Edtech français

 Being a tech startup is like a marathon, being an Edtech startup is like an ironman

Bernhard Niesner, CEO de Busuu

Entreprendre dans la Edtech ce n’est pas entreprendre tout court, des spécificités locales et tout un contexte lié au secteur éducatif qui est encore trop souvent perçu comme non-rentable et sacré, rendent la chose difficile. Souvent les edupreneurs français ont du mal à trouver un business model viable et se heurtent au poids des traditions françaises et à la rigidité du système ce qui fait qu’il est essentiellement complexe d’innover à l’intérieur de ce dernier. En effet, le marché du K12 (Kindergarden to 12th grade) français est inatteignable pour la grande majorité des startups françaises car il est centralisé et les écoles n’ont ni force de décision pour conduire des projets pilotes ni pouvoir d’achat pour acheter des outils Edtech. Enfin, la nature conservatrice de notre système ne permet pas ni rupture ni changement de paradigme notamment dans la pédagogie de professeurs dont le manque frappant de formation explique les réticences que la plupart ont envers les Edtech et l’innovation pédagogique dont ils n’ont pas conscience des bienfaits.

EdTech

Aux Etats-Unis, l’adoption des Edtech dans le K12 et le supérieur se fait bien plus facilement. Le pays a, à ce jour, l’écosystème Edtech le plus mature. Outre la taille de son marché et son organisation décentralisée (les quelques 13.000 districts ont un budget Edtech pour les écoles qu’ils opèrent) cette maturité s’explique par le fait que les américains aient adopté une vraie culture de la spécialisation. Il existe aux USA une multitude de fonds d’investissement, d’incubateurs et d’accélérateurs spécialisés dans les Edtech ainsi qu’un média fédérateur, Edsurge, qui consolide la communauté. Ceci favorise l’émergence d’un véritable écosystème très profitable aux entrepreneurs et innovateurs de l’éducation. En terme de funding, 2015 a été une année fructueuse aux USA: $1.85 milliards de dollars ont été levés pour un total de 198 deals. Un record pour le pays. Les startups du K12 ayant levé $537 millions tandis que celles de l’enseignement supérieur ont été financées à hauteur de $711 millions. En terme de pénétration, l’exemple de ClassDojo est significatif: aux USA, une classe sur deux utilise cette App de communication et de comportement, qui propose un suivi de l’engagement et la participation des élèves et une plateforme de communication profs/parents.

En France aussi il nous faut parler d’Edtech et d’innovation dans les médias, accompagner les startups et favoriser l’investissement de ces dernières en créant une verticale Edtech au sein des initiatives investissements publiques, permettre à de nouveaux VC de se créer sur cette verticale (cf. EduCapital, un fonds Edtech à ambition européenne qui lève en ce moment) et donner aux startups les clés pour réussir à gagner des appels d’offres publics qui sont encore trop souvent accaparés par des acteurs historiques de l’édition.

De belles initiatives Edtech françaises contribuent déjà au déploiement d’une communauté tournée vers les Edtech et l’innovation. Le CRI (Centre de Recherche Interdisciplinaire) et son Master Edtech en partenariat avec Paris V et Paris VII, le Lab de l’éducation et leur organisation annuelle de Hackathons qui rassemblent une multitude de profils pour inventer l’éducation de demain, le Startup Weekend Education avec une première édition à Lyon en avril dernier, la French Touch de l’Education, la conférence annuelle des innovateurs de l’éducation organisée par LearnAssembly, Educpros, un média qui relate et s’intéresse de plus en plus aux Edtech et à l’innovation pédagogique, et d’autres initiatives dédiées aux Edtech en cours de création…

Tout cela nous montre que nous sommes bel et bien sur la bonne voie pour créer une véritable #FrenchEdtech !

Svenia est consultante, cofondatrice du Edtech World Tour et co-auteur du rapport “Edtech 2016: Global Perspectives, Local Insights” avec Audrey Jarre.

Mots clés : EdTech, education
  • Magali

    Bonjour,
    Je tiens à signaler une superbe initiative qu’est Startup For Kids, le 1er salon des startup à vocation pédagogique dont Maddyness est partenaire.
    La 2ème édition du salon se tient les 18-19-20 novembre prochain chez 42 born-2-code et proposera 33 projets de startup françaises, sélectionnées sur leur approche ludique et décomplexée du savoir ! Les enfants de 6 à 15 ans sont conviés à découvrir les applis et solutions pédagogiques sous forme d’ateliers, où toutes les matières du Primaire et Collège sont représentées.
    Le salon est gratuit pour tous et propose une journée spéciale pour les scolaires afin d’organiser la rencontre entre le milieu enseignant et les startupers. Des sessions d’initiation au code sont aussi proposées par les étudiants de 42 et un programme de conférence est en cours d’élaboration, sur les thèmes Numérique – Plaisir d’apprendre – Nouvelles pédagogies.
    Inscriptions et infos sur le site http://www.startupforkids.fr
    Au plaisir de vous y voir nombreux !

  • Arnaud

    Entièrement d’accord avec votre article mais je rajouterai qu’il est en effet primordial de développer les outils Edtech en lien avec un accompagnement aux TIC et à l’appropriation de l’information transmise par les médias. Hélas il existe beaucoup de disparités entre établissements, régions … On a tendance a croire que EMI et Edtech sont opposés mais pas du tout …

  • Fabulis le Fablab de Sarreguem

    On arrive à innover dans le système scolaire, avec il est vrai, beaucoup de produits etrangés. Les seuls produits français que nous utilisons à FABULIS sont une Foldarap ( imprimante 3D) et un Homido ( casque VR).

    Si les start-up edtech passées moins de temps sur les salons pour présenter leur projets et chercher du financement, il pourraient peut être prendre du temps pour travailler avec les personnes qui sont sur le terrain.

    On est preneur pour monter des partenariats et innover avec les start-up. Par contre, nous n’avons pas le temps de faire tout les salons et autre RDV edtech pour les rencontrer.

    Venez à notre rencontre et faisons ensemble émerger le besoin avec nos élèves et pas en essayant de convaincre les personnes au sommet de l’Education nationale.

    http://www.fabulis.org