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Innovation

#MaddyKeynote La blockchain est dans le pré

#MaddyKeynote : La blockchain est dans le pré Hervé Pillaud à la MaddyKeynote
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Speaker à la MaddyKeynote, Hervé Pillaud est un éleveur vendéen et auteur de l’essai Agroéconomicus, plaide pour une utilisation de la blockchain afin de garantir entre autres la traçabilité des produits agricoles. Encore à l’état de prémisses, les cas d’usage se multiplient depuis quelques mois. 

Si la blockchain, buzzword de l’année 2016, s’est surtout distinguée par ses applications monétaires et financières, la technologie de registre mondial décentralisé sans tiers de confiance commence à faire sérieusement parler d’elle dans l’agriculture. Face au défi de nourrir la planète, la blockchain va permettre de répondre à un besoin clé : certifier la traçabilité à moindre coût et garantir à tous une sécurité alimentaire.  Avec 10 milliards d’être humains sur terre d’ici 2050 tirés principalement par le bloc asiatique (+20%) et l’Afrique (+125%), produire global sera une nécessité. « Le bloc asiatique n’a pas de terre pour nourrir ses populations : en France, on a 4 hectares pour nourrir un Français quand la Chine dispose seulement de 0,2 hectares. Or, le droit à savoir ce que l’on met dans notre assiette est aussi vrai chez nous  que le long de la mer de Chine. On va devoir produire pour tout le monde et on leur doit la traçabilité », plaide Hervé Pillaud, éleveur de métier, secrétaire général de la Chambre d’agriculture de Vendée et auteur de l’ouvrage « AgroEconomicus, manifeste d’agriculture collabor’active ».

Restaurer la confiance via la transparence de la supply chain

Grâce à des outils comme la blockchain associés aux IoT,  il sera possible d’obtenir rapidement, à moindre coût et avec une fiabilité accrue les informations portant sur la source de contamination, la provenance (pêche durable, type d’élevage…), la vérification des logos (agriculture biologiques, équitables…).

Les lieux et les conditions de production agricole, d’élevage ou de pêche, de traitements ou d’abattage, les numéros de lot, les données de traitement en usine, les dates d’expiration, les températures de stockage au long de la chaîne et les détails sur la livraison seront automatiquement numérisés et enregistrés dans la blockchain.

De quoi restaurer la confiance largement mise à mal du consommateur.

Les projets pilote se multiplient dans le monde

Encore à l’état de prémisses et du domaine de la prospective, les applications blockchain se multiplient depuis quelques mois, à l’étranger comme en France. 

La startup anglaise Provenance, qui utilise la technologie blockchain pour enregistrer le parcours d’une denrée alimentaire en toute transparence et rassurer les intermédiaires et le consommateur final, a créé une expérience pilote sur le thon en Indonésie. Positionnée sur le commerce de grain, la pépite australienne Full Profile a lancé AgriDigital, un service basé sur la blockchain, qui enregistre les transactions physiques de commodités agricoles. En réponse aux nombreuses crises sanitaires, notamment en Chine, le géant américain de la distribution Walmart a annoncé sa collaboration avec IBM et sa technologie blockchain pour contrôler la provenance de sa viande de porc chinoise (lieu d’élevage, d’abattage, numéro de lot, données usines, date d’expiration du produit, température de stockage et délais de livraison).

Les POC (Proof of Concept) émergent aussi en France : Bureau Veritas expérimente actuellement un projet blockchain autour de la traçabilité du thon avec Stratumn, une startup qui déploie des réseaux blockchain pour aider les entreprises à interagir de manière transparente et fiable avec leurs partenaires. Fondée en septembre 2016, Connecting Food propose à des marques et distributeurs agro-alimentaires un service de certification en temps réel de la conformité alimentaire. « Nous vérifions ce que ce que la marque ou le retailer ont choisi, décidé et déclaré à leurs consommateurs, est exactement ce qu’il y a dans l’emballage ou dans le produit vendu », explique Stefano Volpi, cofondateur de la foodtech française dans une récente interview. Un enjeu crucial alors que « seulement environ 10% des produits mis sur le marché sont vérifiés et certifiés. »