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#SmartCity La promesse de la blockchain pour révolutionner l’internet de l’énergie

#SmartCity : La promesse de la blockchain pour révolutionner l’internet de l’énergie Smart grid et blockchain, quel avenir pour l'énergie ?
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La Blockchain s’immisce peu à peu dans tous les secteurs d’activité. Des expériences émergent pour notamment transformer chaque foyer en producteur-consommateur d’énergie,  et échanger son électricité directement avec son voisin de quartier. Zoom sur quelques-uns de ces projets.

Depuis le 11 avril dernier, les habitants du quartier de Brooklyn à New York peuvent acheter et échanger leur électricité entre eux grâce à TransActive Grid. Cette coentreprise entre Lo3 Energy, un fournisseur d’énergie solaire et ConsenSys, une société spécialisée dans la technologie blockchain, a créé un micro-réseau électrique local pour permettre à chaque habitant d’acheter et de revendre l’énergie qu’il produit grâce aux panneaux solaires installés sur son toit.

Dès qu’il génère de l’électricité, chaque foyer relié au micro-réseau envoie le relevé de sa consommation sur une plateforme Ethereum qui l’inscrit dans le registre de la blockchain. Les particuliers peuvent alors effectuer des transactions de pair à pair, grâce à des contrats individualisés entre le vendeur et l’acheteur.

Bien sûr, il est déjà possible aujourd’hui de “revendre” le surplus d’électricité produite par vos panneaux solaires au fournisseur d’électricité. Mais “en achetant l’énergie localement plutôt qu’en passant par une société nationale, l’argent va dans la poche de personnes qui appartiennent à votre communauté”, explique Joseph Lubin, le cofondateur de TransActive Grid. D’autre part, en favorisant les échanges entre voisins, on minimise les pertes d’énergie dues au transport longue distance. 130 foyers du quartier ont déjà manifesté leur intérêt, selon Joseph Lubin.

Jouer sur les habitudes de consommation

L’utilisation la blockchain pour créer un “Internet de l’énergie” (en référence à l’Internet des objets) interconnecté fait des émules partout dans le monde. Le fournisseur allemand d’électricité RWE s’est par exemple associé avec Slock.it, pour gérer et facturer la recharge des voitures électriques par blockchain via les bornes publiques. En avril, un projet français de micro-réseau a été sélectionné parmi les 20 finalistes du challenge Hackaday Prize. “Si votre voisin n’est pas chez lui entre midi et deux, vous pourrez profiter directement de l’énergie produite par ses panneaux solaires si vous en avez besoin à ce moment-là”, décrit Rieul Techer, un des créateurs de Daisee, issus de l’éco-lab La Paillasse Saône.

Sans aller jusqu’à l’échange physique d’électricité, la monnaie virtuelle SolarCoin, lancée en 2014,  vise à encourager le passage aux énergies renouvelables des particuliers. Chaque mégawatt solaire est rémunéré 1 SolarCoin (SLR). “85 000 SolarCoins ont déjà été distribués dans 19 pays”, se félicite la Fondation qui gère cette “monnaie”. Une monnaie qui n’a pour l’instant aucune valeur réelle, si ce n’est celle de la spéculation (on suppose que le coût du kWh et donc du SolarCoin va augmenter).

Une motivation citoyenne plutôt que financière

C’est d’ailleurs une des limites à la mise en place d’un tel réseau en France : il n’est pas rentable du tout pour le particulier. Qui aura intérêt à racheter l’électricité de son voisin pour 24,63 centimes (le prix de revente de l’énergie solaire à EDF) alors qu’il peut se fournir cher EDF au tarif réglementé pour 15 centimes ? “La motivation première n’est pour l’instant pas financière”, reconnait Rieul Techer, qui estime pourtant que les tarifs de rachats subventionnés sont inévitablement appelés à baisser.

Autre contrainte : contrairement au Bitcoin dont les transactions peuvent être passées d’un bout du monde à l’autre, l’électricité reste dépendante d’un réseau physique. A Brooklyn, Ies foyers connectés au micro-réseau continuent à être dépendants du fournisseur centralisé et le système blockchain ne fait qu’ajouter une couche supplémentaire. La promesse d’un réseau local en autarcie autosuffisant est donc loin d’être une réalité. Enfin, la question de la vie privée se posera tôt ou tard. “Les transactions sont certes publiquement publiées dans le registre de la blockchain, mais elles sont anonymisées”, assure Rieul Techer. Il n’empêche que le déploiement des compteurs intelligents Link d’EDF se heurte déjà à l’opposition de nombreux habitants.

Mais avec l’essor rapide des énergies renouvelables, par nature non stockables et intermittentes, le problème des réseaux intelligents est plus que jamais crucial. Le constructeur automobile Tesla a d’ailleurs lancé l’an dernier une batterie résidentielle, qui, reliée aux panneaux solaires d’une maison ou à une éolienne, promet l’indépendance énergétique à chacun.

  • Lola

    “Il n’empêche que le déploiement des compteurs intelligents Link d’EDF se heurte déjà à l’opposition de nombreux habitants.”
    En fait il s’agit des compteurs Linky et ils sont déployés par ERDF (donc Enedis depuis quelques jours) et non par EDF.

  • Arnaud LAPREVOTE

    Ce qui fonctionne parfaitement dans bitcoin/blockchain c’est que la transaction dans le système blockchain est physiquement l’échange opéré. Dans le cas d’un réseau électrique, il y a une symétrie entre les transactions sur la blockchain et le réseau électrique physique. Et rien ne dit que le contrat passé sera physiquement respecté (pertes en lignes, fraudes, …). Comme me le disait un spécialiste du bitcoin, les contrats ne concernent que les informations internes de la blockchain, et donc pas le monde externe.