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2016, année de l’avènement de la France comme startup nation ? Entretien avec Eric Morand

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Par Louis Carle - 04 janvier 2016 / 00H00 - mis à jour le 09 mars 2018

A l’occasion du CES, le plus grand salon du monde dédié aux nouvelles technologies qui aura lieu à Las Vegas cette semaine, la rédaction a rencontré Eric Morand, responsable du département Tech et Services de Business France pour échanger sur les ambitions et les enjeux de ce salon pour la France. Tête de proue de notre nation au salon, Business France et la French Tech, reviennent sur les prochains défis qui les attendent sur place.


Maddyness. Quelles sont les ambitions de la French Tech cette année au CES ?

Eric Morand. 2015 a véritablement été l’année de la révélation de la France au CES. Pour la première fois, elle arrivait groupée au salon, sous la bannière de la French Tech et représentait la deuxième délégation mondiale derrière les Etats-Unis en nombre de startups avec 66 jeunes pousses exposant sur Eureka Park. 2016 va être celle de la confirmation. Tout au long de l’année, les signaux positifs se sont multipliés autour de la French Tech. Facebook a ouvert un centre de R&D dans l’intelligence artificielle, le premier hors des Etats-Unis, Intel également.

« 2015 a véritablement été l’année de la révélation de la France au CES »

John Chambers, le patron de Cisco a dit de notre pays « France is the next big thing » et a investi 200 millions d’euros dans les startups de la French Tech. Bref, la French Tech a nettement accéléré en 2015 et au CES 2016 nous aurons la confirmation du bouillonnement et de la créativité des startups françaises. La France confirme sa place de deuxième délégation derrière les Etats-Unis, avec plus de 200 entreprises exposantes dont 120 startups représentées sur Eureka Park, en progression de 80% par rapport à 2015. La France représentera 30% de cet espace. C’est colossal !

MDN. Comment expliquez-vous le succès que rencontre cette édition ?

E.M. Il y a une conjonction de facteurs qui permet d’expliquer cet engouement des startups tricolores pour cette édition. Une raison objective d’abord : les startups de la French Tech sont nombreuses, innovantes, créatives et leurs fondateurs ont une ambition mondiale. Ensuite, le CES est un faiseur de tendance. C’est ce salon qui depuis 40 ans a vu émerger toutes les innovations majeures de l’électronique grand public. Il est incontournable. La création de l’Espace Eureka Park, il y a quatre ans, a permis de diminuer fortement le ticket d’entrée pour les startups.

« Une exposition médiatique qui a permis de prouver aux Américains et au reste du Monde que la France était une terre d’innovation »

Enfin, la visibilité majeure dont a bénéficié la French Tech sur le CES 2015. Cette exposition médiatique a permis de prouver deux choses : aux Américains et au reste du monde que la France était une terre d’innovation, et aux French Techers, que ce salon est « the place to be » dans le domaine de l’électronique grand public. Cette année, pour son concours de startups, Business France a reçu plus de 130 candidatures pour 22 places. C’est un signe.

MDN. Qu’attendez-vous de ce salon pour la France ?

E.M. Que la French Tech confirme la très bonne impression qu’elle a laissée l’année dernière. Le but est de prouver que l’écosystème français de la Tech est solide et que le succès de l’année dernière ne doit rien au hasard. L’enjeu du CES est aussi celui de la communication. Lorsque nous avons 200 entreprises exposantes dont 120 startups sur Eureka Park, que la French Tech est la deuxième délégation nationale sur le salon, c’est une formidable vitrine de ce dont est capable la France innovante. Cela permet de changer les perceptions sur notre pays, de casser certains clichés qui ont encore la vie dure, et de promouvoir la vitalité de la French Tech.

MDN. Comment la délégation est-elle structurée ? Quels sont ses objectifs ?

E.M. La French Tech au CES 2016, ce sont plus de 200 entreprises dont 190 startups et 120 jeunes pousses sur Eureka Park. La délégation française met donc bien en évidence la diversité de son écosystème, avec à la fois des grands groupes (La Poste, Legrand, Engie…), des startups matures, qui sont passées au stade de PME ou ETI (Withings, Netatmo, Sen.se…) et tout un ensemble de startups early stage qui en sont à leur premier ou second CES. Sur Eureka Park, Business France organise pour la 3eme année consécutive le French Tech Pavilion ou exposeront 22 startups sélectionnées sur concours. Ce qui ressort nettement de cette délégation,  c’est que la France sait innover dans les objets connectés. Et dans tous les domaines.

C’est encourageant. Pour l’instant, ce marché est tiré par les bracelets et les montres connectés, le smart-home et la santé, mais de nouveaux usages se créent et la France est aux avant-postes. L’objectif majeur pour ces startups, c’est de se faire remarquer et pour les plus matures, de trouver des distributeurs. Les jeunes pousses, viennent d’abord pour faire parler d’elles. Les allées du salon sont remplies de venture capitalists et l’enjeu de visibilité doit leur permettre de les convaincre et donc de lever des fonds. C’est la particularité de ce salon. Le but premier pour les jeunes startups est de bénéficier d’un effet de traction pour lancer son produit sur le marché. Au CES, la notion de Time to Market est primordiale.

« Au CES, la notion de Time to Market est primordiale »

MDN. Quels sont les prochains objectifs de Business France/French Tech ?

E.M. Pour Business France, l’objectif est clair : continuer à faire rayonner la French Tech à l’international et accompagner les startups dans leur développement export pour leur permettre de suivre les traces de Blablacar ou Critéo. Nous ambitionnons de donner le même écho à la French Tech sur les autres évènements internationaux majeurs de la tech que sont le SXSW, le Mobile World Congress, le Web Summit ou encore Slush Helsinki. Nous sommes convaincus que  ce type de salon est la première étape du développement des startups. Il faut le voir comme la première marche qui leur permettra de grandir. Nous espérons que dans quelques mois, certaines des startups que nous accompagnons seront suffisamment matures pour bénéficier de nos programmes d’accélération tels que ubi i/o aux Etats-Unis ou Acceleratech en Chine.

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Louis Carle

04 janvier 2016 / 00H00
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