Actus#Finance
17 avril 2018

Pourquoi les femmes sont-elles toujours limitées dans l’accès au financement ?

Selon le dernier rapport de Facebook, mené conjointement avec l'OCDE et la Banque mondiale, les dirigeantes d'entreprise ont plus de mal que leurs homologues masculins à financer leurs projets, ce qui freine à terme leur croissance.

À l’occasion de la journée de la femme digitale, Facebook, en collaboration avec l’OCDE et la Banque mondiale, dévoile un nouveau rapport qui s’est intéressé à près de 32 000 petites et moyennes entreprises dans 42 pays. Et la conclusion est sans appel : les femmes rencontrent des difficultés pour obtenir des financements leur permettant de démarrer leur entreprise.

Tandis que 70% des entrepreneurs déclarent utiliser leurs économies personnelles pour financer leur entreprise, la proportion explose chez les femmes, qui sont nettement moins susceptibles de financer leur entreprise par un prêt ou via le capital-risquePlus précisément, les femmes sont moins susceptibles d’avoir eu recours à un prêt bancaire (-6% par rapport aux hommes), moins susceptibles de compter sur le financement d’amis (-5% que les hommes) et moins susceptibles d’avoir eu accès au capital-risque que les entrepreneurs masculins (-3%).

De l’importance des fonds des conjoints

D’autant que selon le rapport, l’apport financier du conjoint dans l’entreprise est une source de financement importante chez les femmes. Dans le monde entier, l’apport financier de leur mari ou de leur partenaire reste une source de financement importante : 13% des femmes gérantes de PME citent cela comme une forme de financement pour leur entreprise, pour seulement 8% d’hommes. Les femmes sont ainsi bien plus dépendantes des fonds de leur conjoint, même dans les pays plus riches : en Europe, seule une femme sur cinq cite le prêt bancaire comme étant une source de financement pour démarrer leur entreprise

 

Des limites au financement qui freinent visiblement la croissance des entreprises appartenant à des femmes : elles ont ainsi 19% plus de chance de voir leur dirigeante être la seule employée par rapport aux entreprises appartenant à des hommes. Et quand le nombre médian d’employés est égal à trois si le dirigeant est de sexe masculin, il chute à un dans les entreprises dirigées par des femmes. De fait, elles dirigent souvent des entreprises plus jeunes en moyenne (moins de trois ans) que les hommes (au moins quatre ans et demi).

Des secteurs d’activité encore très genrés

Mais il n’y a pas que les modes de financement ou le profil de l’entreprise qui diffèrent selon le sexe. C’est aussi vrai pour le secteur d’activité : le rapport de Facebook souligne en effet que les femmes sont nettement plus susceptibles de diriger des entreprises dans des secteurs liés au service à la personne, comme l’hôtellerie, l’alimentation et la vente au détail, ainsi que les services sociaux, principalement l’éducation, les soins de santé, l’art et le travail à but non-lucratif

Les femmes sont ainsi nettement sous-représentées à la tête d’entreprises dans des services techniques ou professionnels tels que l’immobilier ou les services financiers, la production ou la réparation de biens, notamment la fabrication, la réparation et la construction automobiles, les médias ou les TIC. Et pourtant, même dans les secteurs industriels dominés par les femmes, la probabilité de bénéficier d’un prêt en tant que femme chef d’entreprise est de 7 à 10% moins élevée que pour les hommes.