La satisfaction des grands groupes vis-à-vis des startups est en chute libre

Le Baromètre 2018 de la relation grands groupes-startups publié par Le Village by CA et Blunove laisse apparaître un curieux paradoxe : alors que la satisfaction des jeunes pousses s'est accrue dans plusieurs domaines, les grands comptes se montrent, eux, beaucoup plus sévères que l'année dernière.

Les grands groupes seraient-ils trop durs avec eux-mêmes ? Ou réalisent-ils qu’ils avaient peut-être été trop optimistes l’an dernier ? Le Baromètre 2018 de la relation grands groupes-startups publié cette semaine par Le Village by CA et Bluenove montre que les grandes entreprises jugent beaucoup plus sévèrement les différentes composantes de leur stratégie d’open innovation que les startups avec lesquelles ils interagissent. Alors qu’en 2017, les grands groupes avaient tendance à idéaliser la relation qu’ils entretenaient avec les jeunes pousses, les perceptions ont tendance à se rapprocher cette année.

En effet, dans les quatre critères étudiés – rapidité, simplicité, bienveillance et création de valeur – les grandes entreprises se montrent en 2018 bien plus critiques que l’an dernier, alors que la satisfaction des startups a, elle, augmenté. Ainsi, alors que 59% disaient l’année dernière trouver le processus de contact et de décision avec les startups rapide ou très rapide, ils ne sont plus que 33% à en dire autant cette année. Soit une baisse de 44% ! Alors que du côté des jeunes pousses, elles sont 29% à le dire, contre 19% en 2017, soit une hausse de 35%.

Les startups plus satisfaites de la communication que les grands groupes

Même constat du côté de la communication entre les deux parties, qui n’est plus considérée comme facile ou très facile que par 77% des grands groupes (contre 85% en 2017). Ironie de la statistique, les startups sont désormais plus nombreuses que les grands groupes à se satisfaire de la communication (78%, contre 63% l’année dernière). Un comble alors que les jeunes pousses dénoncent régulièrement la difficulté à communiquer avec les corporates.

Enfin, moins de trois grands groupes sur quatre (72%) estiment que leur relation avec les startups est équilibrée voire très équilibrée, contre 85% l’an dernier. Dans le même temps, la satisfaction des startups sur ce point bondit de 50%, passant de 46% à 69%, soit un taux quasi équivalent à celui des grands comptes. Prise de conscience qu’un rééquilibrage est nécessaire ou inversion des rapports de force ?