Décryptage#1AnAprès
24 avril 2018

Ce que Fretlink a appris de sa levée de 6 millions d’euros

Lever des fonds, c’est bien. Avoir des clients, c’est mieux. Un an après, où en sont les startups qui ont bouclé un tour de table ? Développement, recrutement, financement, Maddyness fait le bilan. Paul Guillemin, CEO et cofondateur de FretLink, partage son expérience, un an après avoir levé 6 millions d’euros.

En avril 2017, Fretlink, solution de pilotage de flux pour entreprises, annonçait avoir bouclé une levée de 6 millions d’euros auprès de Breega Capital, Daphni et Elaia Partners.

À quoi ont servi les fonds levés ?

Les fonds levés nous ont permis de renforcer nos effectifs. Une quarantaine de recrues nous ont ainsi rejoints pour intégrer nos équipes opérationnelles (affréteurs, pilotes de flux et responsables des partenariats transporteurs), commerciales (key account managers, sales development managers et customer success managers) et produit (développeurs et data scientists).

Qu’est-ce que la levée de l’année dernière a changé pour FretLink ?

Tout a changé et très vite ! Notre équipe est passée de 15 à 45 employés en 1 an et de manière générale, il y a clairement eu un ‘avant et un ‘après levée de fonds. Notre équipe a su convaincre les acteurs du secteur. Que ça soit en termes de notoriété, de crédibilité auprès du marché (notamment des grands groupes), ou encore de moyens, notre levée de fonds a très fortement accéléré notre croissance.

Comment avez-vous appréhendé les relations avec les nouveaux investisseurs ?

L’arrivée de nouveaux investisseurs est un virage à bien emprunter. Il faut les impliquer à 100% dès le départ pour qu’ils puissent être des partenaires actifs. C’est exactement ce qui s’est passé pour FretLink ; aujourd’hui nous formons une vraie équipe avec nos investisseurs, ils nous accompagnent sur les décisions importantes, mais pas seulement. Ils nous aident également sur des problématiques RH (recrutement, organisation, rémunération et primes) ou business development (introduction auprès de grands groupes)…

Si c’était à refaire, y a-t-il quelque chose que vous changeriez ?

Il y a une chose que j’aurais abordée plus tôt dans notre croissance, c’est la diffusion de la culture au sein de l’entreprise. Passer de 10 employés à 45 en 1 an, ça n’est pas simple. Chez FretLink, on a intégré des modèles de décision et de management qui nous ont beaucoup aidés à aligner les équipes autour de nos objectifs et de notre vision. Si c’était à refaire, j’aurais mis en place ces méthodes dès le premier jour.

Quel conseil ou leçon gardez-vous en tête pour la prochaine levée ?

Être prêt à tout changer, à tout moment, si cela s’avère nécessaire. On ne passe pas de 0 à 1 comme on passe de 1 à 10 ou encore de 10 à 100. Il faut savoir réinventer son organisation et ses process car notre compréhension du secteur et de notre propre dynamique interne (nos forces, nos faiblesses) évolue en permanence. En effet, on conçoit une organisation à un instant t pour répondre aux enjeux du moment mais ces enjeux peuvent rapidement évoluer. Et la clé c’est justement d’avoir une identité et une culture d’entreprise suffisamment fortes pour passer ces étapes avec succès.

Quels sont les axes de développement de FretLink pour les prochains mois ?

D’abord, nous voulons scaler notre offre “tour de contrôle” pour nos comptes-clés, car ils sont d’ores-et-déjà demandeurs d’un déploiement européen de notre solution au sein de leur organisation de transport. Ensuite, nous souhaitons industrialiser notre process d’acquisition pour les PME industrielles. Nous comprenons désormais parfaitement leurs attentes et leur fonctionnement. Il est l’heure de changer d’échelle et d’accélérer. Puis renforcer la présence de nos équipes sur le terrain auprès des transporteurs et des chargeurs, afin de construire des relations durables, partout en Europe. Pour cela nous prévoyons d’ouvrir de nouveaux bureaux dans plusieurs pays, notamment en Allemagne. Enfin, ayant aujourd’hui validé beaucoup d’hypothèses et reçu l’approbation de nombreux acteurs du marché, nous avons pour objectif de lever une Série B pour devenir un leader européen du transport.