La première chose qui m’a marqué en réalisant cette mise à jour est à quel point le top vingt (par montant total levé) a été bouleversé :
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Source Crunchbase
Début 2016, il fallait avoir levé au moins 14 millions de dollars pour entrer dans cette liste. Ce chiffre a quasiment triplé pour atteindre 40 millions de dollars en 2018. Le top dix a également été largement renouvelé puisque seulement trois SaaS du top dix en 2016 font encore partie du top dix en 201. Une nouvelle génération de ”champions” est venue bouleverser le paysage (Algolia, Front, Klaxoon, ContentSquare…). Et ce renouvellement a lieu à tous les niveaux puisque de nombreuses startups très prometteuses ont levé des montants significatifs sur les derniers 24 mois : le montant médian levé par startup (listées sur notre carte) est passé de 2,5 millions de dollars en 2016 à 7 millions en 2018.
Cette explosion est due, selon moi, à plusieurs facteurs :
Même si je travaille du côté “sombre de la force”, le capital risque n’est aujourd’hui plus la seule façon de financer le développement d’une société en SaaS. L’autofinancement, principalement via les revenus générés par les clients, est également une voie privilégiée par de nombreux entrepreneurs. Et force est de constater qu’elle devient de plus en plus populaire.
Cette augmentation du nombre de SaaS “bootstrappés” sur notre carte est due selon moi à :
S’il y a un aspect qui reste en retrait c’est celui des “exits”. Les deux principaux types de sorties dont je parle sont l’introduction en bourse et l’acquisition. Force est de constater que s’il y a eu une explosion des levées de fonds, cela n’est pas le cas pour les exits. L’introduction en bourse la plus significative sur ces deux dernières années reste celle de Talend. Du côté des acquisitions, même si quelques unes ont eu lieu, elles n’ont pas atteint des montants qui permettent de changer un écosystème.
Ce développement plus lent est dû selon moi à :
Une des caractéristiques de l’écosystème français que nous avions évoquée lors de la première édition de cette carte était la présence de nombreux écosystème locaux tels que ceux de Nantes, Montpellier, Lyon, Lille, Toulouse et bien d’autres encore. Lors de ces deux dernières années ces écosystèmes ont continué de se renforcer via la multiplication de startups et de fonds locaux. Malgré tout Paris reste en haut de la liste en terme d’importance.
Selon moi cette tendance ne connaîtra pas de grands bouleversements dans les années à venir :
Le dernier aspect que je veux évoquer est la diversification des approches tentées par les startups SaaS françaises. Si traditionnellement le SaaS est synonyme de logiciel d’entreprise (B2B), en réalisant la mise à jour de notre carte j’ai remarqué l’émergence de nombreuses startups qui mêlent deux business modèles différents : celui du SaaS et de la Marketplace. Nous appelons ce modèle hybride “SaaS Enabled Marketplace” (SEM) et consiste en une marketplace classique (mise en relation de deux parties pour conclure une transaction) couplée à un outil SaaS généralement vendu aux fournisseurs de la place de marché (pour mieux gérer leur activité)
Selon moi cette tendance continuera de se développer dans les années à venir :
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