Décryptage#Étude
19 septembre 2018

Le travail indépendant, solution miracle au chômage ?

L'essor du travail indépendant est perçu comme un rempart au chômage de masse. Mais si les Français se disent prêts à sauter le pas, ils sont encore insuffisamment informés sur les nouvelles formes de travail pour que l'entrepreneuriat devienne un remède durable.

Suffit-il (vraiment) de traverser la rue pour trouver un emploi ? Si tout n’est pas aussi simple, la solution réside peut-être dans l’entrepreneuriat. Les salariés désabusés y pensent pour redonner du sens à leur carrière et les personnes sans emploi y perçoivent une porte de sortie au chômage. C’est ce qu’on apprend dans l’étude Les Français et le travail indépendant, réalisée par Ipsos et publiée il y a quelques jours.

Ainsi, si seulement 8% des répondants exercent une activité professionnelle indépendante, 28% disent ne pas être indépendants mais que cela les intéresse. Une proportion qui grimpe à 36% chez les jeunes de moins de 35 ans et à 44% chez les chômeurs. Et cela s’explique par le regard très positif que posent les Français sur le travail indépendant : plus de 8 personnes sur 10 estiment que le développement du travail indépendant va dans le sens de l’épanouissement des travailleurs (86%) et répond aux besoins des entreprises (82%). Et 85% pensent que cela peut avoir un effet positif sur l’emploi !

De l’envie mais peu d’infos

Les entrepreneurs eux-mêmes estiment que le travail indépendant devrait se développer pour faire baisser le chômage. C’est même la quatrième raison invoquée par ces derniers dans une étude réalisée par Talk4 sur le travail indépendant, après notamment le développement de nouveaux talents.

Mais paradoxalement, si près de 6 Français sur 10 (57%) estiment dans l’étude Ipsos que le travail indépendant va être amené à se développer, rares sont les nouvelles formes de travail à être vraiment comprises des Français. Moins d’un sur deux (45%) sait précisément définir le micro-entrepreneuriat… qui reste pourtant la notion la plus populaire, loin devant le coworking (22%), le temps partagé (21%) ou le portage salarial (16%). La preuve que les Français ne sont pas encore tout à fait prêts à traverser la rue…