Décryptage#Attractivité
21 novembre 2018

La France est-elle vraiment la terre promise de l’emploi ?

Une étude réalisée par Movinga place sept villes françaises dans le top 100 des villes où trouver un emploi. Mais plusieurs indicateurs laissent entrevoir une France à deux vitesses où les jeunes et les immigrés peinent à pénétrer le marché du travail.

Où faut-il s’installer pour trouver du travail à coup (presque) sûr ? Selon une étude fouillée de la startup Movinga, qui a combiné une quinzaine de critères dans cinq domaines différents (solidité économique, niveau de vie, immigration, opportunités pour les jeunes et pour les femmes) pour dresser cette liste, il va falloir aller plus loin que l’autre côté de la rue. Boston occupe en effet la première place, devant Munich et Calgary. L’Europe est d’ailleurs bien représentée dans le top 10 avec pas moins de sept villes (outre Munich, on trouve aussi Hambourg, Stuttgart, Londres, Oslo, Francfort et Edimbourg).

Côté français, pas moins de six villes françaises se sont hissées dans ce top 100. Cocorico ? Pas tout à fait. Car la première ville tricolore, Paris, n’arrive qu’à la 62ème place… Suivent Lyon (74ème), Marseille (80), Nice (81), Bordeaux (83) et Lille (89). Et si Finn Age Hänsel, le directeur général de Movinga se réjouit que la France soit « en tête en matière d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, grâce à de nouvelles lois donnant aux salariés le droit de se déconnecter du travail pendant leur temps libre, en plus d’une moyenne de 30 jours de vacances payés par an« , aucun indicateur de l’étude ne permet d’étayer cette assertion…

 

En France, des opportunités… pour les hommes blancs de plus de 35 ans ?

Certes, les villes françaises sont bien positionnées en matière de liberté des femmes et de la législation en la matière (toutes quatrièmes ex-aequo). Mais lorsque l’on considère l’indicateur consolidé des opportunités pour les femmes, elles arrivent loin, très loin derrière les villes du Nord de l’Europe et les grandes métropoles américaines. Lille, première ville française dans ce domaine, est reléguée à la… 59ème place.

Autre mauvaise surprise : en matière d’immigration (indicateur qui combine niveau d’immigration et taux d’emploi des expatriés), les villes françaises ferment le classement. Les cinq métropoles de province sont toutes situées dans les dix dernières places, Bordeaux et Lille fermant même la marche. Même constat pour les opportunités pour les jeunes : quatre villes françaises (Marseille, Nice, Bordeaux et Lille) font partie du flop 10. Sur ce point, si les villes françaises sont – à juste titre – plombées par le taux d’emploi des jeunes particulièrement faible recensé par l’OCDE, elles sont aussi – injustement – lestées par un trop faible nombre de nouvelles startups créées. Or ce nombre est tiré de la base américaine Crunchbase dont on peut estimer qu’elle n’est pas la source la plus pertinente pour le recensement des startups très early stage en région.