Actus#Attractivité
21 août 2019

Pourquoi la France est-elle sortie du top 10 mondial des écosystèmes startup ?

En chutant de deux places pour s'échoir au douzième rang mondial, la France cède son siège dans le top 10 des écosystèmes les plus attractifs pour les startups. Comme Paris, sa capitale, dans le classement des villes les plus propices à l'entrepreneuriat. Simple hasard ?

Republication du 12 juin 2019

Paru mi-mai, le rapport Startup Ecosystem Rankings, cru 2019, établi conjointement par Crunchbase, Similarweb et Coworker, a fait couler beaucoup d’encre… outre-Atlantique. Et pour cause : les États-Unis se classent une fois de plus premiers au classement des écosystèmes les plus attractifs pour les startups. Côté français, c’est plutôt la désillusion. Après plusieurs années durant lesquelles l’attractivité de l’Hexagone n’avait cessé de grimper, la cote de la France est en berne. Elle a perdu deux places au classement, sortant du top 10 pour s’établir à la onzième place. Une petite forme qui contraste avec le dynamisme d’autres écosystèmes européens : les Pays-Bas gagnent neuf places pour entrer dans le top 10, directement à la sixième place ; et l’Espagne en gagne quatre, passant devant la France pour ravir la dixième place.

De quoi s’inquiéter ? Pas vraiment. Le pays pâtit surtout du déclin de Paris, qui a elle aussi perdu deux places au classement des villes les plus attractives pour les startups et se classe désormais douzième. « Notons tout de même que Paris continue de bénéficier d’un écosystème incroyable, le troisième en Europe après Londres et Berlin« , tempère même l’étude. L’effet Station F, ouvert il y a deux ans maintenant, s’est estompé et les startups attendent davantage de Paris et de la France. « Lorsque l’on considère le territoire français, n’avoir qu’une seule ville dans le top 100 est un signe évident que l’Hexagone doit avoir davantage à offrir« , tranche ainsi le rapport.

Une centralisation préjudiciable

La startup nation semble pour l’instant se résumer à Paris aux yeux des étrangers. Oui mais voilà, Paris n’est pas la France. Et si Lyon et Nantes dégringolent dans le classement (perdant respectivement 21 et 30 places pour émerger aux 144ème et 196ème rangs), contribuant également au déclin national, d’autres capitales régionales parviennent à tirer leur épingle du jeu. Bordeaux bondit ainsi de 56 places pour s’établir en 209ème position. Encore mieux, Nice en gagne, elle, 208 pour grimper à la 286ème place ; Montpellier avale 189 concurrentes pour pointer à la 313ème position ; et Strasbourg fait un pas de géant en surclassant pas moins de 464 villes pour émerger en 338ème position.

Il y a donc deux façon de lire ce déclin national : les esprits chagrins regretteront que les destins de Paris et de la France soient toujours aussi étroitement liés, la faute à une centralisation – des talents et des capitaux – toujours à l’oeuvre ; au contraire, les optimistes se réjouiront que de nouveaux hubs innovants percent petit à petit en région, diffusant l’innovation et contribuant à rétablir l’équilibre territorial. Les auteurs de l’étude penchent résolument du côté de ces derniers, soulignant que « même si ces villes ont un impact relativement réduit sur le score total du pays, nous sommes surpris de voir qu’ils ont réalisé d’énormes progrès et que, si cette tendance se confirme, elles auront alors un impact significatif sur l’écosystème startup français« .