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14 octobre 2019

Cédric O veut encadrer l’utilisation publique de la reconnaissance faciale en France

Le secrétaire d'État au numérique propose de créer une instance d'évaluation des projets de reconnaissance faciale en France, supervisée par la Cnil, afin de "protéger l'État de lui-même".

Le secrétaire d’Etat au numérique Cédric O souhaite créer avec la Cnil, le gardien de la vie privée sur internet, une instance d’évaluation des projets de reconnaissance faciale en France, a-t-il indiqué lundi dans une interview au Monde. Cette instance « composée de membres issus de différentes administrations et régulateurs, sous la supervision de chercheurs et de citoyens (…), superviserait et évaluerait » les expérimentations de reconnaissance faciale, a-t-il expliqué. « Il me semble important qu’il y ait une supervision de la société civile car le sujet est trop sensible: l’État doit se protéger de lui-même » en la matière, estime notamment le secrétaire d’État au numérique.

La reconnaissance faciale a fait d’énormes progrès ces dernières années grâce aux progrès de l’intelligence artificielle. Elle est utilisée massivement en Chine, mais les pays occidentaux sont plus circonspects, en raison des risques qu’elle fait peser sur le respect de la vie privée. Dans l’interview, Cédric O se déclare ainsi « extrêmement partagé » sur l’utilisation de la reconnaissance faciale en temps réel sur des images de vidéo-surveillance. « On voit bien l’utilité, par exemple pour identifier des terroristes dans une foule, mais aussi les risques« , explique-t-il. « Il faut donc en définir très clairement le cadre et les garanties pour éviter la surveillance généralisée.« 

Le secrétaire d’État se dit favorable à un « débat citoyen » sur le sujet, avec les parlementaires et les élus locaux. « C’est, d’une certaine manière, aux Français de choisir, car les décisions seront lourdes de conséquences« , estime-t-il.