À Fontenay-sous-Bois, la ville a lancé Netcarbon, une solution qui permet de simuler l’impact écologique de ses projets d’urbanisme et de renaturation, mais aussi d’anticiper les risques climatiques à horizon 2100, à partir des scénarios du GIEC. À Argenteuil, un matériau bas carbone, composé à 65 % de paillettes de coquillages, est testé sur un trottoir pour évaluer son adhérence, sa durabilité et son vieillissement avant une éventuelle utilisation pour la réfection du parvis de la gare. À Paris et Plaine Commune, un outil numérique a été déployé pour mieux faire se rencontrer l’offre et la demande de matériaux du BTP sur les chantiers, afin de développer les pratiques d’économie circulaire sur les territoires…
Tous ces projets ont un dénominateur commun : la Métropole du Grand Paris (MGP), qui joue un rôle de «catalyseur d’innovation», pour aider les maires à concrétiser leurs projets. Patrick Ollier, son président, et Geoffroy Boulard, vice-président délégué à l’attractivité économique, à l’innovation et au numérique, rappellent volontiers que la métropole compte 130 communes, concentre 7,2 millions d’habitants et 4 millions d’emplois, ce qui en fait le premier pôle d’emploi européen.
Quel est le rôle de la Métropole du Grand Paris ? «Là où les incubateurs font émerger les startups et où les communes sont les expertes de leurs territoires, notre rôle est de créer les ponts entre ces deux écosystèmes, et de faire en sorte que chaque expérimentation réussie profite à l'ensemble de la Métropole du Grand Paris», explique Patrick Ollier, président de la Métropole du Grand Paris.
A la fois un financeur, un accompagnateur, mais aussi et surtout un entremetteur, «la force de notre Métropole est de permettre à des jeunes entreprises innovantes de tester leurs solutions dans des conditions réelles, au contact de nos communes et de nos habitants», souligne-t-il. «À travers nos programmes, nous leur ouvrons l'accès à un espace de plus de 7,2 millions d'habitants, à des collectivités pleinement engagées dans la transition écologique et numérique, et à un écosystème unique réunissant grands groupes, centres de recherche, investisseurs et acteurs publics», ajoute Patrick Ollier.
Sur le volet numérique, quatre programmes-phares sont proposés à la fois aux communes et aux citoyens, dans une volonté de lutter contre la fracture numérique : intelligence artificielle, cybersécurité, innovation urbaine et expérimentation, et enfin inclusion numérique.
«Nous créons les conditions pour que les solutions puissent être testées rapidement, puis déployées à plus grande échelle», résume Patrick Ollier, président de la Métropole du Grand Paris. «Cela passe par quatre missions : détecter les tendances, connecter les acteurs, faciliter l'expérimentation, et essaimer les réussites d'une commune à l'autre.»
La tech, sans les paillettes
À quoi ressembleront nos villes demain ? C’est aussi à cette question que répond la Métropole du Grand Paris, notamment à travers le programme des «Quartiers métropolitains d’innovation». Depuis le lancement du programme en 2024, ce sont 75 projets qui ont été testés sur 10 communes, sur des sujets très concrets : la mobilité, l'énergie, l'adaptation climatique ou encore l'intelligence artificielle.
À Sceaux par exemple, la municipalité a souhaité désenclaver le quartier des Blagis, coupé à l’échelle de la ville par le faisceau ferré du RER B. «Ce projet a aussi été l’occasion pour nous de développer des échanges avec nos services. On a mis en avant nos agents techniques, qui en ont moins l’habitude», raconte Florence Presson, adjointe au maire aux transitions et à l’économie circulaire et solidaire.
À Aulnay-sous-Bois, d’autres expérimentations sont mises en avant, comme le déploiement de navettes fluviales électriques sur la Marne ou la recherche de solutions pour lutter contre l’imperméabilisation des sols, en favorisant le retour de l’eau vers les nappes phréatiques et en utilisant des déchets plastiques comme matière première.
Pour la Métropole du Grand Paris, l’enjeu est aussi de faire circuler les bonnes pratiques d’une commune à l’autre. «Nous pratiquons notamment le "Reverse Pitch" : ce sont les communes qui expriment leurs besoins face aux startups, et non l'inverse. Une façon de s'assurer que l'innovation réponde à des besoins concrets !», souligne Patrick Ollier.
Innovation utile
Ces projets mobilisent parfois beaucoup de technologie, parfois beaucoup moins. Mais c’est précisément l’un des messages que la Métropole souhaite porter à VivaTech : la tech n’est pas une finalité. Elle doit d’abord produire des effets concrets dans le quotidien des habitants, des élus et des services municipaux.
L’institution revendique ainsi une innovation utile, sans chercher nécessairement la démonstration spectaculaire. Parmi les priorités affichées, la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations occupent une place importante. Un sujet devenu central pour les villes, entre adaptation au changement climatique, pression sur les ressources et transformation des espaces urbains.
Dans le même esprit, la Métropole du Grand Paris s’est dotée de sa première stratégie dédiée à l'intelligence artificielle. «Dans ce cadre, nous accompagnons nos 130 communes dans le déploiement et l'usage de cette technologie innovante à travers notamment un programme ambitieux baptisé "ApproprIAtion Métropolitaine", une opportunité majeure pour repenser et développer des politiques publiques efficaces et innovantes au service du cadre de vie des habitants», explique Patrick Ollier.
«Concrètement, les communes peuvent expérimenter deux types de projets : d'une part, ceux qui améliorent l'efficacité du fonctionnement administratif et notamment la relation avec les administrés, et d'autre part, des projets en lien direct avec les compétences de la Métropole : la logistique fluviale, l'approvisionnement alimentaire, la lutte contre les nuisances sonores, la rénovation des bâtiments, l'aménagement urbain, l'adaptation au changement climatique, la planification de la mobilité, ou encore la gestion des inondations.»
«La Métropole porte ou soutient d'ores et déjà des projets très concrets comme une plateforme d'automatisation du pilotage énergétique des bâtiments, ou encore un outil d'aide à la décision sur l'attractivité du centre-ville, expérimenté par la commune d'Athis-Mons.»
14 startups à rencontrer sur place
Sur le stand de la Métropole du Grand Paris, 14 startups viendront présenter leurs réalisations au sein de quatre maisons thématiques. Trois d’entre elles figurent parmi les lauréats «Tech For Change» de cette année (700 candidats) : Alyce, Keyros et NetCarbon.
À l’entrée, un mur d’images de 10 m² proposera aux visiteurs de survoler la Métropole, comme un oiseau, en agitant les bras. Une mise en scène immersive pour rappeler l’échelle du territoire, mais aussi le défi que se fixe l’institution : transformer l’innovation en solutions concrètes pour les villes et leurs habitants.
«Les startups recherchent aujourd'hui trois choses : des données, des terrains d'expérimentation et des clients. La Métropole du Grand Paris leur offre précisément ces trois leviers», rappelle Patrick Ollier. «La force de notre Métropole est de permettre à des jeunes entreprises innovantes de tester leurs solutions dans des conditions réelles, au contact de nos communes et de nos habitants. Nous contribuons également au financement indirect de leurs projets via le fonds “Innover dans la Ville” : depuis 2021, ce sont 15 millions d'euros de subventions attribués, plus de 100 communes métropolitaines soutenues et 292 projets accompagnés», conclut-il.