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Entreprendre en tant qu’expatrié·e : bonnes et mauvaises nouvelles à l’horizon!

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Entreprendre en tant qu’expatrié·e : bonnes et mauvaises nouvelles à l’horizon!

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Par Rebecca Deraeck - 30 octobre 2019 / 08H04

Lancer son entreprise depuis l'étranger, les doigts dans le nez ou carrément galère ? Rebecca Deraeck, ingénieure dans l'énergie, a tout quitté pour lancer un site de vente de tissu biologique, depuis la Grèce et livre les enseignements de son expérience.

Haaa, entreprendre à l’étranger, LE fantasme entrepreneurial numéro 1. Vous le voyez bien l’entrepreneur qui travaille depuis son hamac sous les cocotiers en sirotant une petite Margarita ? Je peux vous le dire, ça ne se passe pas du tout comme ça.  Entreprendre à l’étranger présente certainement des aspects presque magiques (et je ne parle pas du hamac ou des margaritas). Mais étrangement, on ne parle presque jamais des cotés plus sombres de cette expérience.

Laissez- moi vous raconter la réalité. Ma réalité.

Travailler pour l’industrie, voyager et s’ennuyer ?

Je suis ingénieure mécanicienne spécialisée en thermodynamique. J’ai travaillé pendant 10 ans dans un grand groupe français. Je suis une habituée des aéroports, des réunions de chantier, des tailleurs pantalon, du décalage horaire et des clients compliqués.

Et je pensais que c’est ça que j’aimais dans mon boulot !

Lorsque mon compagnon a reçu une proposition d’expatriation à Athènes, j’ai décidé de le suivre. Mes patrons ont accepté que je bosse complètement en télétravail. Finalement, je voyageais beaucoup… Était-ce vraiment différent que je sois ou pas au bureau entre deux missions ? Après tout, je garderai les même avions, les mêmes clients et les mêmes tailleurs-pantalon !

Bien sûr, très vite je me suis ennuyée. Plus de collègues et de pauses café. Très peu de rencontres localement. Pas beaucoup le temps pour découvrir mon nouveau pays d’accueil… Et c’est à ce moment précis que l’idée de changer de route a grandi dans mon inconscient. Pour être honnête, ce n’était pas une idée nouvelle. Mais, ce doux rêve, cette étincelle avait besoin de combustible pour se transformer en flamme ! Et c’est en Grèce que mon étincelle a trouvé son combustible.

Se lancer dans l’entrepreneuriat à l’étranger : la bonne nouvelle

Quelle inspiration ai-je trouvée en expatriation pour nourrir mon projet entrepreneurial ? De l’ouzo et des pitta-gyros ? Des danseurs de Sirtaki et des joueurs de bouzouki ? Des longues baignades dans les plus belles eaux d’Europe ? Pas du tout. Ce qui me manquait pour allumer mon feu intérieur entrepreneurial, c’était de l’ouverture aux changements.

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L’expatriation est une aventure d’ouverture d’esprit et de changements. Il faut comprendre les codes tacites d’une autre culture, apprendre une nouvelle langue, et même une nouvelle manière de conduire (surtout à Athènes). Chaque jour est une porte ouverte vers des découvertes, des nouveauté, parfois dérangeantes, parfois merveilleusement excitantes.

Quand tous les matins vous vous levez pour vivre une aventure nouvelle, vous sollicitez votre ouverture au changement. Et comme un muscle qu’on travaille encore et encore, plus vous êtes confronté·e au changement, plus vous êtes confortable dans l’inconfort du changement.

Grâce à cette mécanique « changements quotidiens – ouverture d’esprit – musculation interne », mes peurs de changer de vie se sont petit à petit estompées. Et finalement, j’ai trouvé l’énergie de suivre mon intuition et de lancer mon rêve : démissionner et créer des tissus biologiques vendus en ligne.

Entreprendre dans un nouveau pays :  la mauvaise nouvelle

Une histoire merveilleuse me direz-vous ? Pas tout à fait !

Se lancer comme entrepreneur à l’étranger, ça n’est pas du tout aussi magique que ce qu’on peut imaginer (et travailler dans un hamac est particulièrement inconfortable). La vrai mauvaise nouvelle lorsque je me suis lancée dans mon changement de vie en expatriation, c’était mon entourage.

Ou plutôt : mon manque d’entourage.

  • parce que je ne parlais pas assez bien le grec pour rencontrer la sphère des startuppeurs – entrepreneurs athéniens,
  • parce que je n’avais pas beaucoup d’amis qui pouvaient m’orienter : « Appelle untel, il va t’aider » ou « Prends rendez-vous avec unetelle, elle connaît le marché », etc.
  • parce que je ne connaissais personne !

Bien sûr il existe pléthore de groupes Facebook, de formations en ligne, de podcasts super inspirants. Mais à la fin de la journée je demandais l’avis de mon ordinateur sur des questions de stratégie… et ça n’est pas un signe de bonne santé mentale.

J’avis beau avoir le feu intérieur, les doutes et les questions du débutant entrepreneur me gardaient éveillée presque toutes les nuits. C’est dans ces moments que les soirées « réseautage », qui font généralement frémir de peur ou d’ennui les entrepreneurs, me faisaient terriblement envie.

Ne sous-estimez pas votre entourage proche ! C’est un atout absolument précieux.  Et si l’expatriation amène de la flexibilité et de l’ouverture d’esprit, elle remet les compteurs à zéro du point de vue de ce précieux entourage. Et croyez-moi, c’est un sérieux handicap pour commencer une entreprise.

Aujourd’hui, j’ai pu me construire un mini réseaux d’entrepreneurs à Athènes : Sophie et Laure et leur site de tourisme en Grèce, Marc et Evi qui produisent de l’huile d’olive bio ou Céline qui vend ses réalisations cousues-main. Mais ça m’a pris tellement de temps de construire ce mini-réseau…

Une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule

Et une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule. Si la vie d’entrepreneur en expat’ peut facilement rimer avec « isolement », elle rimera TOUJOURS avec « problèmes administratifs » !

Oui, théoriquement construire un site internet en étant installé dans le fond du Pas-de-Calais ou au bord une rizière au Vietnam, c’est le même travail (les moustiques en plus).

Mais ça c’est en théorie. Et en théorie, tout se passe bien…

Alors qu’en pratique :

  • La connexion internet n’est jamais aussi stable qu’on le souhaite. Et le vide intersidéral de la toile arrive nécessairement lorsque je dois envoyer 32 GB de fichiers à mon imprimeur dans les 12 heures sous peine de perdre mon créneau de production.
  • Certains sites, produits ou services en ligne sont équipés de firewall pour se protéger d’attaques courantes venant de votre pays d’accueil. C’est pas de chance lorsqu’il est l’heure de réserver votre espace serveur…
  • La législation locale et celle de votre pays d’origine transforment votre demande de régularisation d’impôt en un véritable parcours du combattant. Je suis toujours au milieu du labyrinthe. Je ne suis pas certaine qu’il y ait une sortie.
  • La poste locale donne à penser que votre boite aux lettres est frappée d’un sort d’invisibilité. Pas de chance quand les échantillons tant attendus sont retournés au Portugal avec une mention « adresse non trouvée ».

Et tous ces aspects qui en théorie ne sont pas vraiment de problèmes viennent vraiment truander votre quotidien d’entrepreneur en expat’.

Des regrets ou du bonheur ?

Mais aujourd’hui, malgré ce sentiment d’isolement, malgré ces problématiques techniques et administratives qui peuvent être de véritables cauchemars imprévus, je suis réellement heureuse.

Sans cette expatriation et son incroyable capacité à muscler ma capacité à accepter le changement, je SAIS que je ne n’aurai pas donné de combustible à mon envie d’entreprendre. Je sais que ma boutique en ligne n’existerait pas. Je sais que je serais toujours en train de courir d’un avion à l’autre, d’une réunion de chantier à une pause-café en tailleur-pantalon en pensant être heureuse….

Aujourd’hui je ne sais pas si ma marque Mars-ELLE va continuer à se développer, je ne sais pas si je vais enfin régulariser mes statuts administratifs. Mais je sais qu’à aucun moment je ne regretterai cette aventure passionnante ! Et puis je ne vais pas non plus vous mentir, je suis aussi heureuse parce que ce week-end j’ai été me baigner dans les eaux turquoises du golf Saronique… 😉 Et ça compense un peu les inconfort dus à l’isolement et les truandages administrativo-techniques !

Par

Rebecca Deraeck

30 octobre 2019 / 08H04
mis à jour le 29 octobre 2019
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