Décryptage#Étude
10 décembre 2019

Entre les Français et les startups, le « je t’aime moi non plus » perdure

Une large majorité de Français ont déjà entendu parler des startups... mais moins d'un sur deux sait exactement ce que cela signifie.

Hourra, les Français savent que les startups existent ! Selon une étude YouGov réalisée pour Maddyness, 89% d’entre eux ont déjà entendu parler des jeunes pousses. Il faut dire que la startup nation popularisée par Emmanuel Macron et portée aux nues depuis son accession au pouvoir a contribué à jeter la lumière sur ce microcosme entrepreneurial. Oui mais voilà, peu savent vraiment à quoi fait référence le terme de startup… Si 46% des répondants estiment savoir « très bien » ce qu’il signifie, 43% reconnaissent n’en avoir « qu’une vague idée« . Et pour cause : il existe à peu près autant de définitions que d’entreprises qui se définissent comme des startups !

Est-ce que les Français vont faire un effort pour s’intéresser de plus près aux entreprises innovantes ? Pas certain. Car ces dernières sont encore largement perçues comme un phénomène de mode : 47% des Français estiment que c’est une tendance éphémère, quand seulement 37% pensent le contraire. Un revers pour les jeunes pousses qui veulent modifier durablement la société.

Un effet positif sur l’économie française

Effet de mode, échec annoncé… Assiste-t-on à un rejet massif des startups par les Français ? Non, loin de là. À la question de savoir si la France compte trop de startups, seuls 31% des interrogés répondent que c’est le cas, tandis que 42% défendent au contraire l’idée que l’Hexagone n’a pas encore atteint la saturation en la matière. Et 68% des répondants estiment d’ailleurs que les startups sont « une bonne chose pour l’économie française » contre 14% d’avis contraires !

La moindre connaissance des Français en matière de startups est peut-être due à ce qui est perçu comme un manque de réussite dans ce secteur. Ainsi, 45% des répondants estiment que « peu de startups réussissent« , alors que 33% jugent au contraire qu’elles ne s’en sortent pas si mal. Et deux tiers des Français ne sont « pas étonnés » qu’une grande majorité de jeunes pousses meurent avant trois ans d’existence. Preuve que les Frenchies ont encore du travail à faire en matière de notoriété, Uber, Facebook ou Airbnb étant les entreprises les plus souvent nommées lorsque les Français doivent citer une startup… Une forme de défaitisme qui devrait décroître à mesure que les belles histoires se succéderont. À la manière de Saint-Thomas, les Français ne croient qu’en ce qu’ils voient !

Enfin, la disruption n’est pas forcément là où on l’attend. Si les observateurs avertis de l’écosystème innovant ne seront pas surpris de retrouver l’intelligence artificielle (30%) parmi le trio de tête des secteurs dans lesquels les Français pensent que les startups peuvent réussir, difficile d’imaginer que les services à la personne puissent être premiers ! Et pourtant, 38% des interrogés s’attendent à ce que les jeunes pousses percent dans ce secteur, devant l’énergie et l’environnement (34%). Les objets connectés (29%) bénéficient toujours d’une certaine aura tandis que la médecine (15%) arrive loin derrière. Plus étonnant encore, les services aux entreprises, qui sont pourtant légions dans l’univers startup, ne font pas partie des secteurs sur lesquels les Français ont envie de miser (14%). Preuve qu’entre la réalité et la perception qu’on s’en fait, l’écart est encore grand !