Décryptage#TechForGood
14 janvier 2020
Pyramide de chaussures, Lyon, 22ème édition. Bénévoles.

Handicap International : une nuit pour mettre l’innovation au service de l’humanitaire

Dans la nuit du 12 au 13 janvier, 70 étudiants se sont creusés les méninges pour aider Handicap International à améliorer son travail sur le terrain. Grâce à cette première Nuit de l’Innovation Solidaire, l’association veut montrer que la Tech For Good a sa place chez eux.

L’innovation est partout, même là où on ne s’y attend pas. C’est notamment le cas sur les théâtres d’opérations humanitaires où, faute de moyens, les agents doivent faire preuve d’une grande créativité pour résoudre leurs difficultés. “C’est de l’innovation frugale, nous faisons avec les moyens sur place” explique Xavier du Crest de Villeneuve, directeur de Handicap International. L’innovation fait donc “partie de l’ADN de l’association” qui capitalise sur les expériences de ses agents pour pérenniser les méthodes et les solutions comme l’usage de l’impression 3D pour réaliser des prothèses ou de drones pour cartographier les champs de mine.

Elle collabore, dans une démarche pro bono, avec des entreprises et des laboratoires pour arriver à développer et financer ce genre de procédés. 

Les gens ne savent pas tout ce que nous faisons” reconnaît Xavier de Crest de Villeneuve. Pour palier à ce manquement et attirer les jeunes qui ont soif de Tech For Good, l’association a organisé la Première Nuit de l’Innovation à la Cartonnerie, dans le 11ème arrondissement de la capitale. 

Montrer aux jeunes que l’humanitaire est un théâtre d’innovations

Plus de 70 étudiants de l’INSA, de l’Essec, Science Po Paris ou encore de l’Ecole polytechnique, réunis en 10 équipes, ont ainsi passé la nuit de dimanche à lundi à réfléchir à des solutions  susceptibles d’aider les équipes et les populations avec lesquelles travaillent Handicap International. L’association leur a demandé de se pencher sur des problématiques tournant autour de l’éducation, l’appareillage, la logistique ou le développement durable. Les étudiants ont été accompagnés par les équipes de la société Dynergie, spécialiste de l’innovation, tout au long de leur défi, et des experts de l’ONG qui interviennent sur le terrain.

Pour cette première édition, la philosophe Cynthia FLeury et le Secrétaire d’État auprès du Ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, Gabriel Attal, ont assisté à l’événement. 

À la fin de ces 24 heures, 3 prix ont été décernés aux participants.

  • le prix « INSA for good » : les lauréats bénéficieront de 6 mois d’accompagnement et d’accès aux laboratoires de l’INSA pour développer leur projet et lui donner vie sur le terrain.
  • le prix « Design with Care » : un designer de Sismo conseillera l’équipe. 
  • le prix Handicap International pour l’Innovation Solidaire. 

Une stratégie bien plus large

Le point de départ d’une stratégie plus vaste. En mai dernier, la Croix-Rouge lançait son propre incubateur de startups pour améliorer ses process et renforcer sa sécurité sur le terrain. La position de Handicap International diffère un peu. 

Nous voulons nous placer en amont de la création d’entreprises”, sous-entendu, pour pouvoir pousser l’innovation dans notre sens. “De nombreuses écoles d’ingénieurs obligent leurs étudiants à créer une entreprise durant leur cursus” explique Xavier de Crest de Villeneuve qui rêve de voir certains d’entre eux se tourner vers la Tech For Good et travailler sur des solutions qui pourraient servir à l’association.  Le directeur entend s’appuyer sur la quête de sens des jeunes pour porter l’innovation chez Handicap International.

Cette première édition est un appel à la jeunesse que l’association espère voir se renouveler chaque année et devenir “un événement phare et récurrent au niveau national mais aussi international”