Actus
21 janvier 2021

Startups, préparez-vous à des aides plus classiques en 2021

Mardi 19 janvier, Maddyness recevait des expert·e·s bancaires et des entrepreneur·euse·s dans le cadre d’un webinar sur les aides aux startups pour surmonter la crise et préparer l'après. Voici les enseignements à retenir de ces échanges.

Comment les entreprises innovantes se sont-elles comportées pendant la crise ? Quelles options s’offrent à elles pour mieux rebondir ? Pour y répondre, Maddyness a donné la parole à celles et ceux qui ont vécu les changements liés à cette crise : des startups, mais aussi les experts bancaires, qui ont vu leur métier se réinventer pour répondre au mieux aux nouveaux besoins de leurs clients. 

De bons premiers réflexes à l’annonce du confinement en mars

Assurer la continuité de l’activité des entreprises : c’était l’un des premiers challenges rencontrés par les banques à l’annonce du confinement de mars. Aurélien Valet,  responsable d’affaires relais de croissance en  Caisse d’Epargne Normandie, raconte en effet que les startups se sont retrouvées face à un flot de questions liées à la gestion : comment maintenir les relations avec les fournisseurs ? Comment organiser le télétravail ? Comment faire pour continuer la production sur site ? Face à cela, les jeunes pousses se sont assez vite rapprochées de leurs investisseurs, banquiers, et conseillers, pour les aider à prendre du recul. C’est d’ailleurs ce que raconte Anaïs Barut, CEO et co-fondatrice de Damae Medical, une startup qui révolutionne la détection des cancers de la peau : “On a eu un vent d’optimisme début mars, et après un mois on a vu que ce n’était pas du tout le cas. C’est à ce moment là qu’on a contacté Caisse d’Epargne et BPI. On a alors mis en place des outils tels que des reports de charges, des reports de loyer, et le Prêt garanti par l’État (PGE)”. 

C’est au regard d’une telle demande que “l’ensemble des dispositifs ont rapidement été mis en place et disponibles immédiatement” , explique Caroline Hanriot-Sauveur, directrice de l’Agence Innovation en Caisse d’Epargne Rhône-Alpes. Les enjeux étaient de mesurer les réactions “à chaud”, d’identifier les opportunités en fonction des dispositifs de soutien économique disponibles, d’être présents pour donner les conseils nécessaires aux startups clientes, et enfin de rapidement contacter chaque client pour s’assurer de leur bonne compréhension de ces dispositifs. 

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Aurélien Valet constate que les premiers besoins ont été de construire avec les entrepreneur·euse·s une feuille de route personnalisée. “La plupart des dispositifs ont été opérationnels extrêmement vite”, remarque-t-il également, avec des plans massifs successifs ayant vocation à soutenir la French Tech. 

Une incertitude économique pas toujours synonyme de mauvaise nouvelle pour la tech

Malgré un contexte particulier, les startups ont été assez résilientes” , remarque Sébastien Berthelier, directeur du développement de la Banque des Décideurs en Région pour le réseau des  Caisses d’Epargne. La preuve, de nombreuses levées de fonds supérieures à 50 millions d’euros ont été réalisées. Pour lui, les startups ont su être très agiles, en intégrant de nouveaux modes de fonctionnement à distance et de nouveaux business models. Il fait néanmoins le constat que “certains secteurs s’en sortent mieux que d’autres, ceux de la transition écologique, de la santé, et du digital”. À l’inverse, et sans surprise, l’événementiel et le tourisme ont été mis en difficulté. 

Quelle fenêtre de lecture pour demain ?

Pour Aurélien Valet, “nous allons arriver sur une fin des dispositifs d’État, en particulier du PGE. On va rentrer dans une phase de sevrage de ce soutien massif et revenir vers un soutien un peu plus classique pour les startups”. Il explique que les dispositifs de financement européens se poursuivront quant à eux, avec le fonds européen pour l’investissement notamment. 

Côté startups, on peut observer l’impact de la crise sur les décisions pour 2021, comme le relate par exemple Benjamin Ducousso, CEO et co-fondateur de Wizbii, plateforme au service de l’emploi chez les jeunes : “On voit un contexte favorable pour notre activité cette année car l’accompagnement des jeunes est devenu un vrai sujet en ce moment. On a un rôle à jouer avec des grands partenaires, notamment l’État”. L’ambition pour la jeune pousse est ainsi de devenir une référence en France pour l’emploi des jeunes. 

Pour l’année à venir, Caroline Hanriot-Sauveur recommande aux startups de garder en tête que le principal indicateur qui intéresse leur banquier restera le niveau de trésorerie  qu’elles afficheront. “Ayez une posture de transparence et de reporting régulier avec vos banquiers, leur conseille-t-elle, car la confiance établie est la base des succès futurs respectifs, pour trouver les bons outils et façons de faire”. Elle conclut : “La résilience dont vous avez fait preuve a eu ses effets, le chemin va être encore long mais soyez confiants et positifs car l’innovation est un relai de croissance”.

(Re)voir le webinar

Maddyness, partenaire média de Caisse d’Epargne