Décryptage#agritech
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6 septembre 2021
Agriculture
Scott-Goodwill

AgriTech : la France attire les investisseurs grâce aux insectes

À l’échelle européenne, les startups de l’agroalimentaire ont attiré moins de capitaux qu’en 2019 selon le rapport du fonds de capital risque Agfunder, qui investit dans des FoodTech et des AgriTech. Mais la France tire son épingle du jeu grâce aux insectes.

Republication du 22 juin 2021

Nourrir les êtres humains en réduisant l’impact de l’élevage et de la culture sur la planète, améliorer les conditions d’exploitation, diminuer les risques, faciliter l’acheminement des produits… Les problèmes auxquels répondent les AgriTech sont extrêmement divers et variés. Mais ils semblent surtout essentiels pour nourrir plus de 11 milliards d’être humains d’ici 2100 selon les projections démographiques. Le sujet intéresse les entrepreneurs mais aussi les investisseurs malgré une diminution des montants levés en 2020.

Dans son rapport, Agfund a notamment réalisé un classement des levées les plus importantes réalisées par les startups selon six secteurs : les Ag BioTech – qui s’intéressent à la santé animale, aux intrants, au microbiome  – les nouveaux systèmes d’élevage, les aliments innovants, les biomatériaux, les biocarburants, les technologies dédiées à la restaurant et les épiceries en ligne. 

Selon le rapport publié ce mois-ci par le fonds spécialisé Agfunder, les startups de l’agroalimentaire européennes ont levé 3,3 milliards de dollars en 2020 au cours de 504 opérations, soit une baisse de 15% par rapport à 2019 (3,9 milliards de dollars). Un montant tout de même honorable quand on observe les investissements des 5 dernières années. En 2016, les AgriTech européennes levaient seulement 1,2 milliard de dollars. 

Dans certaines de ces catégories, notamment les nouvelles formes d’agriculture, la France s’accapare les deux tiers du podium grâce à Ÿnsect, Infarm et InnovaFeed qui à elles trois ont levé 558 millions de dollars en 2020. On retrouve également DNA Script en tête de sa catégorie devant Karma Kitchen et Viva Wallet. 

Les nouvelles formes d’agriculture plébiscitées

Du point de vue global, le fonds de capital risque constate une baisse des investissements en série D et en late stage. En 2019, par exemple, la startup allemande Marley Spoon est entrée en Bourse, suivie en 2020 par Deliveroo. Résultat, les investissements ont, en partie, profité aux jeunes pousses, tant en termes de montants levés que d’opérations réalisées. On notera ainsi 346 opérations réalisées en seed pour un petit montant de 279 millions de dollars, 84 opérations en série A pour un montant de 935 millions de dollars, 518 millions de dollars investis dans des séries B, 764 millions de dollars dans des séries C et 376 millions de dollars répartis entre les séries D et le late stage. 

Les investisseurs ont surtout misé – en termes de montants – sur les sociétés développant de nouveaux systèmes agricoles (665 millions de dollars) , le commerce de détail et les solutions technologiques dédiées à la restauration (545 millions de dollars) ainsi que les aliments innovants (408 millions de dollars récoltés)  et les épiceries en ligne (279 millions de dollars) . 

Si on observe le nombre d’opérations, ce sont les solutions technologiques dédiées à la restauration – robot 3D, gestion des déchets grâce à l’IoT- qui arrivent en tête avec 68 opérations, suivi des technologies intermédiaires – traçabilité, logistique et transport avec 56 opérations réalisées et des aliments innovants avec 55 opérations au compteur.

Si l’Europe du Nord et le Royaume-Uni continuent à être très actifs dans ce domaine, on observe la percée d’autres pays comme la Grèce et l’Italie. La France arrive, quant à elle, en deuxième position en termes de montant collecté (659,9 millions de dollars) derrière le Royaume-Uni (1,1 milliard de dollars), grâce aux insectes, notamment.