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7 septembre 2021
Alan

Alan, Mirakl… Les bons comptes de l’aide à l’amorçage de Bpifrance

En dix ans, le fonds national d'amorçage, géré par Bpifrance, a investi plus d'un milliard d'euros dans 600 jeunes entreprises. Parmi elles, certaines ont fortement grandi à l'image d'Alan, Ÿnsect, Mirakl ou Teads revendue à Altice. Malgré l'inévitable risque propre au modèle de l'amorçage, les investisseurs ressortent gagnants. Explications.

Le Fonds national d’amorçage (FNA) créé il y a dix ans pour aider à la formation d’un écosystème français de startup innovantes, est aujourd’hui financièrement soutenu par une poignée de licornes, a indiqué mardi Bpifrance. Au total depuis 2011, 1,1 milliard d’euros ont été mobilisés par le programme investissement d’avenir, dont la gestion a été confiée à la banque publique, au titre du FNA. Sur cette somme, 750 millions ont été décaissés.

Sur 600 entreprises investies, 110 sont sorties du dispositif. Parmi ces dernières, 60% avaient une valorisation inférieure à l’argent qui y avait été placé, et 40% ont été liquidées, ce qui montre qu’il s’agit d’investissements risqués. Et 60% des sociétés soutenues ne réalisaient aucun chiffre d’affaires à leur entrée dans le FNA. Mais le dispositif dans son ensemble est loin d’être déficitaire puisque la valorisation actuelle du portefeuille du FNA est supérieure de 90% à l’argent qui y a été injecté. En outre, les deux tiers des 37 fonds souscrits par le FNA ont rapporté de l’argent à leurs investisseurs.

« Il suffit d’avoir une demi-douzaine de licornes pour redresser massivement la performance globale » du système, a expliqué le directeur général de Bpifrance Nicolas Dufourcq lors d’une conférence de presse. Pour rappel, une licorne est une startup dont la valorisation dépasse le milliard de dollars. Nicolas Dufourcq s’est félicité d’une « baisse du ratio d’emprise de la puissance publique » sur le FNA, qui avait été conçu au départ comme une aide d’Etat nécessitant l’aval de la Commission européenne. Les Echos rappellent que Mirakl, Alan, Jellysmack, Ÿnsect et Shift Technology ont notamment été financés par des fonds du FNA. Elles valent toutes aujourd’hui plus d’un milliard d’euros.

Parmi les projets soutenus, 345, soit 60% du total, sont des innovations de rupture (deeptech), dans des secteurs aussi variés que la cybersécurité, les biotechnologies pharmaceutiques ou industrielles, la médecine (medtech), l’agriculture et l’alimentation (foodtech) ou encore les équipements informatiques (hardware). La deeptech pèse aussi 70% des montants investis par les fonds du FNA, avec 557 millions d’euros. Depuis dix ans, « la durée de l’amorçage a été réduite » , un nombre croissant d’entreprises intéressant des investisseurs privés à un stade précoce de leur développement, avec parfois un « risque de prédation« , a encore expliqué le directeur général de Bpifrance. À ce sujet, les startups basées en régions appellent fonds nationaux et internationaux à les soutenir dès l’amorçage.