Décryptage#fintech
Temps de lecture : 05'16''
28 septembre 2021
fintech
Jonas Leupe

Impact, paiement fractionné… Les 5 tendances à suivre dans la FinTech

Maddyness a profité du salon Money 20/20 pour faire un tour d’horizon des grandes tendances qui régissent actuellement le secteur de la FinTech.

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Mise à jour d’un article paru le 20 septembre 2021

À l’instar de Viva Tech au mois de juin, la grand-messe de la FinTech Money 20/20 a repris du service après la crise sanitaire. Maddyness en a profité pour défricher les sujets en vogue dans le secteur avec Gabrielle Thomas, directrice des investissements chez BlackFin Capital, et Romain Megglé, directeur du Lab by CB (Cartes bancaires).

FinTech green et investissements à impact

C’est LE sujet du moment. La FinTech green revêt différentes formes. Le monitoring et la mesure d’impact – à l’image de Greenly, qui fera partie de la délégation Business France cette année – consiste, selon Gabrielle Thomas, à « étudier les comportements à partir des données bancaires ». L’investissement à impact connaît un développement sur le créneau du B2B2C : « Des startups comme le Français Epsor ou l’Allemand Upvest s’y mettent. » Et, enfin, le green banking – une ribambelle de néo-banques et dépôts bancaires green, telles que la Néerlandaise Bunq ou la Française Helios, affirment s’inscrire dans cette mouvance. « Il s’agit tantôt de planter des arbres pour chaque paiement effectué, tantôt de mesurer son empreinte verte » , note Gabrielle Thomas, qui assure que « les algorithmes sont en cours de calage » en la matière.

À en croire l’experte, « il faut beaucoup investir sur ce segment ». « Il faut trouver un équilibre entre l’affinage de la méthodologie et l’élargissement du public, mais les consommateurs sont intéressés » , juge celle qui conseille aux startups de « se blinder methodologiquement pour ne pas être contestées ». La FinTech green, qui a émergé en 2020, pourrait exploser dans les prochains mois. « Le rapport du Giec sur le climat, alarmant, peut provoquer une prise de conscience chez les consommateurs » , veut croire Gabrielle Thomas, qui indique que « le créneau a, jusqu’ici, surtout été investi par des petites et moyennes entreprises ».

« L’impact social et environnemental est au cœur des préoccupations » , abonde Romain Megglé, qui estime que le développement du « paiement sans contact a répondu à un besoin crucial pendant la pandémie » de Covid-19 en limitant la propagation du coronavirus. Selon le directeur du Lab by CB, « on peut tout à fait faire du chiffre en respectant davantage » ces critères. Alors que les habitudes de consommation changent, la demande « va grandissante » pour les informations et solutions allant en ce sens à en croire l’expert. Cartes bancaires, qui a signé des partenariats avec des startups telles que Too Good To Go ou Finense, affirme que « l’estimation du poids carbone et, bientôt, la compensation carbone vont répondre à une forte attente » du public.

Paiement fractionné

Dans le sillage du Suédois Klarna, du français Younited Credit ou encore de l’Australien Afterpay, de multiples startups développent des solutions de paiement fractionné – ‘Buy now, pay later’ (BNPL), dans le jargon. « Cette possibilité de payer en plusieurs fois se répand depuis une dizaine d’années maintenant. Pour autant, on voit une extension vers le B2B quand les particuliers étaient d’abord visés » , relève Gabrielle Thomas, qui voit apparaître « des solutions pour permettre aux entreprises de se payer entre elles en plusieurs fois ». Un aspect reste à affiner, selon elle : la régularité des paiements. « Comment cela se passe-t-il avec des fournisseurs qui vous livrent à intervalles réguliers » , s’interroge-t-elle, notant que « la solution intéresse, car le chaînon du paiement est clé dans toutes les transactions ». Après NoviCap en Espagne et Billie en Allemagne, des spécialistes se lancent en France. « On pense à Alma, bien sûr. Mais il y a une place à prendre, les VCs sont au taquet » , assure ainsi Gabrielle Thomas.

Cryptomonnaies

Si les NFT (non-fungible tokens) font énormément parler d’eux ces derniers temps, portés par les succès des Français Sorare ou Danae, les cryptomonnaies ne sont pas en reste. Les acteurs du domaine se divisent en trois catégories : les spécialistes de l’infrastructure (conformité, dépositaire, logiciel, etc.) et ceux des flux, de l’échange d’actifs. « La première catégorie attire davantage les investisseurs, qui y voient un gage de stabilité alors que les choses restent mouvantes dans le deuxième cas » , confie Gabrielle Thomas, qui rappelle que des sociétés prometteuses ont vu le jour en France lors des 24 derniers mois – à l’image de Bitpanda. Ce domaine d’activité explose depuis 2020, selon l’experte. Jusqu’au point où le Salvador est devenu, début septembre 2021, le premier pays au monde à adopter une cryptomonnaie comme monnaie légale : le bitcoin.

Gestion de paie

C’est une possibilité dont se saisissent les Anglo-Saxons depuis des années. Mais le reste de l’Europe commence à s’y intéresser : l’acompte, voire même l’avance sur salaire. « En Espagne, cela explose. Cela risque d’être le cas en France dans les prochains mois » , anticipe Gabrielle Thomas, citant les startups tricolores Rosaly et Stairwage. Selon l’experte, beaucoup d’entreprises se créent même si « un travail d’acculturation » devra avoir lieu pour que les Français l’adoptent. Un comble : « C’est peu connu, mais notre droit contraint les employeurs à accorder des acomptes sur salaire.”

Gabrielle Thomas souligne que l’avènement de nouveaux acteurs permettra de « simplifier le processus » , qui peut parfois être perçu comme laborieux par les deux parties. Reste qu’en Espagne et au Royaume-Uni, se faire verser une partie de son salaire en nature et à l’avance permet aux employés de ne pas payer de charges sociales sur le montant. Un argument de taille, s’il devait être transposé de ce côté des Pyrénées.

Sécurisation des transactions

C’est la plus ancienne des tendances listées. Elle n’en reste pas moins d’actualité, tant les cyberattaques se multiplient. Des solutions techniques existent pour s’en protéger, comme celle de la startup française Stoïk. L’autre approche consiste à agir dès le paiement afin de limiter les opportunités de détournement : c’est ce qu’on appelle ‘One click payment’. Des sociétés telles que Fintecture, qui resserre le lien entre les professionnels et leur banque (paiement account to account), se sont positionnées sur ce créneau. « Ces solutions axées sur le paiement sont plus novatrices, estime Gabrielle Thomas. Elles s’inscrivent, tout comme le ‘Buy now, pay later’ que l’on a déjà évoqué, dans une forme de rapprochement entre les mondes du paiement et du retail. » Une preuve que la transaction en elle-même devient, peu à peu, un argument commercial.

Comme le rappelle Romain Megglé, la deuxième directive européenne sur les services de paiement (DSP2) « fait de l’authentification forte la norme ». Selon le directeur du Lab by CB, il s’agit désormais de « s’assurer que ce niveau de sécurité ne plombe pas le parcours client » . La sécurité des transactions reste l’un des enjeux majeurs des prochains mois, puisqu’elle est « aussi bien le fondement du paiement que de l’identité numérique » . Arguant que la France dispose d’un grand savoir-faire en la matière, Romain Megglé plaide pour « une coopération renforcée entre startups pour stimuler l’innovation ». Selon l’expert, qui s’appuie sur les Chambres de commerce et d’industrie (CCI) pour y parvenir, il convient également de « précipiter la rencontre entre une solution et les commerçants pour prouver l’existence de cas d’usage ». On ne réinvente pas la roue.

Article écrit par Arthur Le Denn
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