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6 octobre 2021
Crédit : Brusk Dede

Euler Hermes anticipe une hausse des défaillances d’entreprises en 2022

Sauver les entreprises et les emplois à tout prix, voici l'objectif des mesures prises par le gouvernement depuis plus d'un an. Mais si la recette a globalement fonctionné, la conjonction des remboursements et d'une reprise en demi-teinte dans certains secteurs pourrait conduire à une augmentation des faillites en 2022 selon une étude de l'assureur-crédit Euler Hermes.

Le nombre de défaillances d’entreprises, après avoir diminué grâce au soutien des États face à la crise sanitaire, devrait rebondir l’an prochain, aussi bien en France qu’ailleurs dans le monde, selon une étude d’Euler Hermes. À l’échelle mondiale, les défaillances d’entreprises ont reculé en 2020 et devraient encore baisser de 6% cette année, avant de repartir en hausse de 15% en 2022, selon ce rapport. En France, où les entreprises ont bénéficié d’aides massives – prêt garanti par l’État, chômage partiel, etc.- contre les effets économiques de la pandémie de Covid-19, le recul a été de 38% en 2020 et devrait encore être de 17% cette année, avant un fort rebond de 40% l’an prochain, estime Euler Hermes.

En 2020, le nombre des défaillances en France s’est établi à un peu plus de 32 000, contre plus de 50 000 par an avant la crise sanitaire. D’après l’assureur-crédit, il devrait remonter aux alentours de 37 000 l’an prochain. Au niveau mondial, malgré la hausse anticipée des faillites, celles-ci devraient toutefois encore rester l’année prochaine 4% moins nombreuses qu’en 2019.

L’arrêt des aides en ligne de mire

Les causes de la croissance annoncée des faillites d’entreprises françaises?  « Le retrait des mesures publiques de soutien devrait déclencher une normalisation progressive des défaillances d’entreprises » , anticipe Euler Hermes. Une vision partagée par le Conseil d’analyse économique qui publiait, fin septembre, une étude sur la situation financière des PME et TPE en août 2021.

Si le bilan positif des PGE est souligné, l’instance avait ainsi alerté sur un point : « Un certain nombre d’entreprises ont survécu en 2020 et 2021 alors qu’elles auraient disparu en temps normal et sans les aides exceptionnelles. Ces entreprises se retrouvent certainement aujourd’hui parmi celles que nous estimons être en difficulté financière. (…) À terme, une augmentation des défaillances indiquerait un phénomène de rattrapage » . Le Conseil d’analyse économique poursuit avec un appel à la prudence concernant le retrait des aides

Un impact différent pour chaque pays 

En Europe, l’Espagne et l’Italie, dont les économies sont particulièrement exposées à la crise sanitaire à cause du poids du tourisme, vont subir « un fort rebond des défaillances en 2022″ , tandis que l’Allemagne, la France, la Belgique et les Pays-Bas « mettront plus de temps à retrouver des niveaux de défaillances similaires à ceux de 2019 » grâce à des soutiens publics forts qui ont pour certains été étendus dans le temps, estime la société d’assurance-crédit française détenue par le groupe Allianz.

Aux États-Unis, le niveau des défaillances restera bas en 2021 et 2022, « principalement grâce au soutien public massif déployé et à un rebond économique particulièrement fort, le plus rapide jamais enregistré lors des trois dernières décennies » . Enfin, Euler Hermes signale que, « dans les marchés émergents, la normalisation des niveaux de défaillances d’entreprises a déjà débuté, en partie du fait de soutiens étatiques moins généreux et, récemment, du renforcement des restrictions sanitaires » .

En Asie, l’assureur-crédit entrevoit une hausse de 18% des défaillances l’an prochain, qui devraient toutefois là aussi rester inférieures à 2019, « à moins que la pandémie ne continue de perturber les activités portuaires, les usines et les chaînes d’approvisionnement dans la région » .

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