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28 octobre 2021

Que font les fonds ? Le portrait d’Enowe

Dans le paysage de plus en plus foisonnant de l’investissement, les fonds se multiplient… et ne se ressemblent pas. Parce qu’une levée, ce n’est pas simplement encaisser de l’argent, nous avons décidé de brosser le portrait des fonds pour aider les entrepreneurs à s’y retrouver et à choisir le bon investisseur. Au tour d'Enowe !

Vingt neuvième plus grande fortune de France d’après le classement Challenges avec une fortune estimée à plusieurs centaines de millions d’euros, Hugues Souparis, 66 ans, n’est pas prêt de prendre sa retraite et de quitter le monde économique. Fondateur et PDG d’Hologramme Industrie – société développant des hologrammes de sécurité – pendant plus de 35 ans, l’entrepreneur investit dans les entreprises à travers son family office Enowe. 

Autre temps, autre moeurs. Pour développer son activité d’investissement à travers son family office, Hugues Souparis s’est reposé sur l’avis de ses enfants qui ont clairement poussé l’impact comme ligne de conduite. Mais pas question pour l’entrepreneur qui gravite dans le monde industriel depuis plus de 30 ans de prendre des risques démesurés. « Enowe investit dans toutes les classes d’actifs avec de l’investissement direct, des fonds d’investissements, des actions cotées, de la dette privée et de l’immobilier, en France et à l’international, détaille Grégory Wagemans, directeur général d’Enowe. Nous avons souhaité construire le portefeuille avec une vision patrimoniale transgénérationnelle dès le départ, en répartissant le risque. Nous faisons peu de startups pour le moment car les risques sont plus importants«  , donne t-il comme explication. Le family office avance à pas de velours dans ce type d’investissement qui a vocation à prendre de plus en plus de place à l’avenir dans son portefeuille. 

Impact, innovation et savoir-faire 

À l’heure actuelle, les investissements réalisés par Enowe en direct repose sur trois piliers :

  • « Le savoir-faire français d’excellence » à travers des marques anciennes. Enowe les aide à mutualiser des fonctions transversales;
  • Les investissements à impact dans des fonds ou entreprises — Alter Equity, Impact Partners, Yerba Maté, etc ;
  • Les projets à gros potentiel de croissance et d’innovation — Sensorion, Kobus, Geneanet, etc.

Au sein de ces deux derniers piliers, la petite dizaine de collaborateurs du family office a le champ libre. « Notre chaîne de décision est très courte et nous ne sommes pas contraints par un règlement particulier de fonds. Si nous voyons une opportunité intéressante après analyse, nous nous forgeons une conviction. En dehors de des filtres d’exclusion de notre charte d’investissement, nous ne nous interdisons rien«  , souligne Grégory Wagemans. Enowe co-investit la plupart du temps en mettant des tickets de 100 000 à 300 000 euros dans des startups à impact et entre 1 et 3 millions d’euros pour celles qui innovent.

Parmi les sociétés déjà présentes dans son portefeuille, on trouve Lavilab et ses compléments alimentaires facilitant la gestion du stress ou Isorg qui conçoit des films fins bardés de capteurs facilitant la reconnaissance des empreintes sur toute la surface du téléphone. Si Enowe ne s’enferme pas dans des thématiques particulières, l’impact est en filigrane dans tous ses investissements. 

La difficulté de la mesure 

« Toute la difficulté qu’on a eu en développant notre stratégie d’investissement à impact est la mesure » , reconnaît Grégory Wagemans car « il n’existe pas de référentiel en la matière » . Quelles que soient ses participations, Enowe applique une grille d’analyse ISR (investissment socialement responsable) . « Pour les investissements à impact, on cherche à aller au-delà et à relier l’objet du projet d’entreprise à l’un des objectifs de développement durable de l’ONU. On demande un business plan extra-financier et on s’assure qu’on est capable de mesurer dans le temps ces externalités positives” . Ces objectifs sont décidés avec les entrepreneurs eux-mêmes dès le début de leur collaboration. En tenant compte de ces critères associés au potentiel de croissance de l’entreprise, le family office a un taux de sélectivité de 3 % des startups à impact qui la sollicite. »En parallèle, nous faisons aussi de la philanthropie, par exemple avec Artagon ou Plastic Odyssey, mais nos investissements à impact doivent avoir un potentiel de croissance et de rentabilité au niveau financier » .

L’impact comme horizon

Grâce à l’expérience de son fondateur à la tête d’une entreprise de grande envergure et à celle des autres membres du family office à des postes de direction, Enowe revendique une excellente connaissance du monde de l’entreprise qu’il partage avec leurs jeunes entrepreneurs. « Nous réalisons également du mentoring. Les jeunes entrepreneurs n’ont pas forcément de réseau, une simple mise en relation leur permet déjà de gagner plusieurs mois dans leur développement. L’équipe cumule une grande expérience opérationnelle, nous pouvons partager notre expérience sur ce qui peut faire le succès d’une entreprise » , développe Grégory Wagemans. Le family office se dit plutôt dans une période de test and learn concernant l’investissement à impact afin d’étudier ce qui fonctionne ou ce qui ne fonctionne pas. “Nous allons beaucoup investir sur le pôle Savoir-faire d’Excellence afin de pouvoir en sortir en 2030. Idem pour l’investissement dans l’innovation. À terme, les investissements à impact prendront le relais”