8 décembre 2021
8 décembre 2021
Temps de lecture : 4 minutes
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Lydia empoche 89 millions d'euros pour devenir indétrônable en Europe

Deux semaines seulement après avoir inauguré une plateforme de trading, Lydia lève 89 millions d’euros. Une somme qui doit lui permettre de concrétiser sa vision stratégique, qui vise à créer une galaxie de services et se lancer à la conquête de l’Europe, à moyen terme.
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Lydia reste fidèle à ses habitudes. La FinTech, qui s’est fait connaître avec son application facilitant le paiement mobile, a levé 88,6 millions d’euros auprès des fonds américains Dragoneer, Echo Street, mais également de ses actionnaires historiques Tencent, Accel et Founders Future. Une opération désormais classique pour la scaleup qui, depuis trois ans, lève des fonds chaque mois de décembre dans le but de concrétiser sa vision stratégique : devenir une "super-app" proposant une galaxie de services financiers pour les particuliers à l'international.

"Lydia se positionne comme l’application du quotidien, en agrégeant un certain nombre de briques. Ce qui lui permet de se distinguer des autres FinTech européennes, puisqu’elle occupe ainsi une place centrale en matière de services" , avance à Maddyness Gabrielle Thomas, directrice d’investissement chez BlackFin Capital Partners, qui n’a jamais investi dans la scaleup. Peu d’entreprises proposent un service aussi complet en Europe.

Conquérir l’Europe avant les Américains et les Chinois

Lydia, qui affirme que "ses services de comptes courants et joints, de crédit, d’épargne et d’investissement connaissent des croissances mensuelles à deux chiffres" , a une kyrielle de startups en face d’elle… mais pas de véritable rival. "Le Suédois Klarna est principalement positionné sur le crédit, on ne peut donc pas comparer leurs activités. Lydia a, de fait, une multitude de petits concurrents : ceux qui proposent une des briques au moins qu’elle a intégrées dans son application" , relève ainsi Gabrielle Thomas. Fait notable, à en croire l’investisseuse : alors que le B2B a largement mené la danse dans la FinTech ces derniers temps, le B2C tient sa revanche. Lydia signe là l’un des plus grands tours de table de France dans le domaine, alors que Qonto avait pour sa part annoncé en janvier 2020 avoir levé 104 millions d'euros. "On a l’habitude de voir ce segment réussir dans les pays anglo-saxons [N26, Mollie, Revolut, etc., N.D.L.R.]" , observe-t-elle.

L’objectif avancé ce jour par Lydia, suite à cette nouvelle opération : "Être, à horizon 2025, le compte principal de 10 millions d’Européens." La FinTech compte, pour ce faire, recruter "800 personnes dans les trois prochaines années" – en sus de ses 160 salariés actuels. "L’enjeu de Lydia est de s’imposer comme un leader international. Elle doit constituer des équipes locales dans le but d’adapter son produit ainsi que son marketing aux spécificités de chaque marché, pointe Gabrielle Thomas, actant la présence de la société en Espagne et au Portugal. Elle devra faire du bruit pour empêcher l’arrivée de concurrents américains ou asiatiques." Avec 225 millions d’euros levés depuis sa création en 2013, l’application aux 5,5 millions d’utilisateurs pourra miser sur un statut vendeur au sein des frontières hexagonales : celui de licorne, car sa valorisation excède désormais le milliard de dollars.

La FinTech est, plus largement, un des secteurs qui lève le plus depuis le début de l’année 2021 selon notre décompte : du 1er janvier à aujourd’hui, 984,26 millions d’euros auraient été collectés – ce chiffre exclut les AssurTech, qui y sont souvent associées. Lydia réalise la quatrième opération la plus importante, derrière Younited (142,4 millions d’euros), Sunday (105 millions) et Spendesk (100 millions). Reste que l’année n’est pas finie, et que des indiscrétions relayées par Les Échos laissent croire que la néo-banque Qonto pourrait très prochainement pulvériser des records en matière de montants levés. "Elle semble attaquer le marché européen de la même manière que Lydia. Et il est intéressant de relever que le groupe chinois Tencent, qui réalise ces temps-ci des investissements dans les entreprises du paiement, est au capital des deux entreprises" , note Gabrielle Thomas. Preuve en est que l’écosystème français est en mesure de susciter l’intérêt des géants.