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Temps de lecture : 03'17''
20 mai 2022
Crédit : Ian Dooley

Les startups à impact manquent de financement et de soutien public

À l’occasion du salon ChangeNow, qui met en avant les entreprises à impact, le BCG s’est associé au Mouvement Impact France et à l’Institut Ipsos pour interroger la place de ces entreprises dans l’économie française et les freins qui subsistent à leur passage à l’échelle.

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De plus en plus nombreuses, soutenues par des associations et des investisseurs, les entreprises à impact s’imposent sur la scène économique. Mais leur passage à l’échelle -du statut de startup à celui de scaleup et de licorne- reste encore complexe comme en témoigne l’étude menée par le BCG et le MIF auprès de 223 entreprises à impact des réseaux Mouvement Impact France et du Prix de l’Entrepreneur Social.

Des avancées significatives en 10 ans 

Boudées il y a encore quelques années, les sociétés à impact ont réussi à se forger une place sur la scène économique en faisant tomber quelques barrières. Ainsi, 8 entreprises interrogées sur 10 estiment que les clients et les partenaires ont pris conscience de l’importance de choisir une entreprise à impact comme fournisseurs ou prestataires de service.

La collaboration avec les grands groupes et l’accès au financement se sont, eux aussi, améliorer pour une entreprise sur deux. Malgré ses avancées, des freins persistent. L’accès aux aides publiques, au financement et la collaboration avec les grands groupes restent encore très complexes pour plus de 70 % des participants à l’étude.

La volonté de plus en plus affirmée des étudiants et des salariés de trouver du sens dans leur emploi est également un atout majeur pour les entreprises à impact. Selon l’étude, 63 % des étudiants et alumni des grandes écoles indiquent privilégier un emploi moins stable mais porteur de sens. Un changement de paradigme d’autant plus important dans le secteur de la tech, dans lequel la pénurie de talents est plus importante que jamais.

Les entreprises le constatent et reconnaissent que leur impact positif sur la société est le premier argument d’attractivité et de rétention des talents. Mais face aux salaires – bien plus élevés – proposés dans certaines grandes entreprises de la tech financées par d’importants capitaux, la concurrence reste dure, concèdent 56 % des participantes.

Des barrières à lever 

La prise en considération et la valeur accordée aux entreprises à impact dans nos sociétés a profondément évolué au cous des dix dernières années. Au point d’en voir certaines être favorablement financées et travailler étroitement avec de grands groupes. Phenix, Back Market ou encore Ÿnsect sont des exemples parmi d’autres. Mais gare à ne pas se limiter aux avancées réalisées. Si certaines sociétés tirent leur épingle du jeu, le développement des startups à impact est semé d’embûches.

Aujourd’hui, peu d’entreprises à impact réussissent à réaliser d’importants partenariats avec des grands groupes, principalement parce qu’elles doivent atteindre une taille critique pour y arriver et en raison de la lourdeur des process d’achat et de vente.

L’autre difficulté importante à laquelle font face les sociétés à impact est celle du manque de financement. Si les fonds d’investissement à impact se développent, le volume de financement reste encore trop faible par rapport à la demande. En 2021, seules 19 % des sociétés à impact ont réussi à mener un tour de table – contre 46 % des startups dites classiques. Preuve que des progrès restent à faire dans ce domaine.

Les entreprises à impact regrettent également un manque de soutien public à l’innovation sociale et écologique. La moitié d’entre elles ne se sentent pas soutenues par la puissance publique, et seules 6 % d’entre elles estiment bénéficier d’une fiscalité avantageuse.

Demain des licornes à impact ?

La salve de nouvelles licornes qui ont éclos depuis le début de l’année a posé la question de l’émergence de davantage de licornes à impact. Pour réussir à faire émerger ces structures, certaines dispositions doivent être prises. Les entreprises interrogées (62 %) sont favorables à la mise en place d’un crédit d’impôt recherche et innovations dédiés aux sociétés à impact. Près de la moitié d’entre elles souhaitent également la mise en place d’un label grand public qui permettent de mettre en avant le caractère à impact de ces entreprises.

Mais ces soutiens ne suffisent pas. Pour créer des licornes à impact, il est nécessaire de revoir les critères d’éligibilité, estiment le Boston Consulting Group et le Mouvement Impact France. Les deux entités appellent aussi à prendre en considération les coûts évités pour la société et la création de valeur pour la société. Réussir à réintégrer des chômeurs de longue durée sur le marché de l’emploi n’est clairement pas négligeable.

Article écrit par Anne Taffin
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