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20 septembre 2022
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3 startups de la French Tech East prêtes pour l’industrie de demain

3 millions d’emplois directs, 250.000 entreprises, près de 14,5% du PIB marchand selon l'INSEE : l’industrie française est pleine de ressources et d’idées. Exemple avec la French Tech East, qui soutient et promeut des entreprises tricolores dans leur ambition de développement sur le territoire du Grand Est.

La crise sanitaire a bousculé l’industrie française. L’heure est maintenant à la réflexion sur la nécessaire réindustrialisation nationale. Preuve en est : les différents plans de relance de l’industrie française annoncés par le gouvernement intègrent notamment les dimensions de modernisation, d’innovation, et de relocalisation de la production sur le territoire français. Zoom sur trois entreprises dont l’activité porteuse peut participer à ce nouvel élan pour l’industrie.

V-Optics : de la recherche de pointe à l’application industrielle

Créée en 2018, l’entreprise V-Optics est spécialisée dans la caractérisation des matériaux transparents et surfaces réfléchissantes. L’objectif ? Automatiser le repère des défauts et permettre aux industries (dont l’industrie médicale) de réaliser de substantiels gains de productivité. Concrètement, la solution permet d’analyser précisément et automatiquement les surfaces comme la peinture, le vitrage, le métal ou le plastique, pour en repérer les défauts et les imperfections. Son président Patrick Siedel précise : « Jusqu’ici, le contrôle d’aspect est très souvent manuel, pénible et subjectif. Notre proposition est de passer du subjectif à l’objectif et faire gagner nos clients en automatisation et en traçabilité. »

Issue de la recherche, la technologie utilisée par V-Optics est désormais appliquée dans le champ industriel, dans des domaines où le défaut d’aspect, comme les imperfections sur les surfaces transparentes, est un enjeu de taille. C’est notamment le cas de l’industrie médicale (implants ophtalmiques, verres de lunettes…) mais pas seulement. Ayant pour clients de grands groupes comme Zeiss ou Faurecia, la startup qui monte a pour ambition de développer sa solution sur d’autres marchés, comme l’indique Patrick Siedel : « Nous avons rencontré quelques groupes de l’industrie du Luxe. Pour eux, éliminer les défauts sur toutes les composantes de leurs produits, notamment les montres, est essentiel. Notre technologie peut les y aider. »

Les voyants sont au vert pour l’entreprise alsacienne, dont le président conclut en précisant que l’effort doit être collectif et global : « Décréter que l’on souhaite réindustrialiser n’est pas suffisant. Il faut accompagner cette volonté par des formations pertinentes, des profils compétents, dans la recherche, dans l’informatique, la santé… Tout l’écosystème d’innovation essaye de s’orienter dans le bon sens, c’est bon signe. »

Flod : maintenance optimisée pour enjeux fondamentaux 

Dans le spectre des domaines les plus en vogue dans les innovations apportées par l’industrie 4.0, la maintenance prédictive occupe une place de choix. Collecte et traitement des données, intelligence artificielle, la solution proposée par Flod est une combinaison de diverses technologies qui mène à l’optimisation de la maintenance de ses clients industriels. L’avènement total de la Data ? Pas tout à fait selon Olivier Manette, CEO de la startup rémoise : « On ne peut pas forcément tout faire dire aux données, mais à l’inverse, on peut être surpris par la quantité d’informations parfois peu considérées. Notre savoir-faire est de les reconnaître pour les extraire au bon moment, au bon endroit. »

Ce savoir-faire est d’autant plus important que dans le secteur industriel, l’IA ne peut pas toujours être alimentée de nombreux exemples et doit avoir une grande capacité d’adaptation à des environnements distincts. Une contrainte transformée en vertu, poursuit Olivier Manette : « Notre secteur d’activité nous force à être suffisamment modulable pour ne pas dépendre d’un seul client tout en proposant un traitement de données à forte valeur ajoutée pour chacun d’eux. »

Le résultat de cet amalgame ? Un logiciel, Sentive, organisé sous la forme d’application, parfaitement modulable par ses utilisateurs ou utilisatrices, qui permet d’intégrer et d’organiser les données industrielles récupérées par l’IA, de construire une chaîne de traitement des données, puis de sélectionner les alertes et interfaces pertinentes pour repérer les signaux inattendus. Autant de fonctionnalités qui permettent de faciliter la prise de décision et d’optimiser la maintenance des équipements.

MCVE Technologie : électronique flexible, comme l’industrie de demain ?

L’entreprise mosellane dirigée par Christian Weiss est spécialisée dans l’électronique flexible. IoT, antennes souples, circuit de chauffage, les divers domaines d’expertise de MCVE Technologie en font une startup de premier plan, à la croisée de multiples enjeux contemporains. Une de ses solutions, la pâte EOPROMFLEX®, permet par exemple de conserver toutes les propriétés d’un matériau tout en y ajoutant un circuit électrique flexible, productible à grande échelle.

Dans cette industrie de pointe, les enjeux d’innovations sont ainsi très différents selon la taille de l’entreprise qui les affronte. Quand un grand groupe aux reins solides peut se contenter de faire évoluer son produit à la marge, une startup industrielle se doit de proposer une innovation plus fondamentale. Christian Weiss précise : « Il faut comprendre la complexité des startups industrielles. Notamment l’écosystème de financement. S’il est très adapté aux startups du numérique, il est parfois moins au fait de la temporalité et des échelles de trésorerie, par exemple, de startups comme la nôtre. »

Même chose pour les structures d’accompagnement, poursuit-il : « Cet environnement est complexe parce que les startups industrielles nécessitent souvent des machines, des ateliers, des usines, de gros investissements. Tout cela fonctionnera bien mieux avec une recrudescence du collectif au niveau entrepreneurial. On sent que l’impulsion est là. »

Preuve que ces innovations participent à construire l’avenir de l’industrie française.