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26 décembre 2022

Que font les fonds ? Le portrait d’Orange Ventures

Dans le paysage de plus en plus foisonnant de l’investissement, les fonds se multiplient… et ne se ressemblent pas. Parce qu’une levée, ce n’est pas simplement encaisser de l’argent et surfer sur une bonne occasion de communiquer, nous avons décidé de brosser le portrait des fonds français pour aider les entrepreneurs à s’y retrouver et à choisir le bon investisseur. Au tour d’Orange Ventures.

Créé en janvier 2021, Orange Ventures est le fonds corporate de l’opérateur Orange. Cette société d’investissement, dotée d’une enveloppe de 350 millions d’euros, a repris les activités et les actifs du fonds précédent, Orange Digital Ventures, qui avait été lancé en 2015. La création de cette nouvelle mouture a été confiée à Jérôme Berger, aujourd’hui président et managing partner d’Orange Ventures. Entretien avec Maddyness.

Un fonds corporate qui revendique l’agilité d’un fonds de capital-risque

Agilité et autonomie en matière de décision d’investissement. Tels sont les premiers qualificatifs utilisés par Jérôme Berger pour décrire Orange Ventures : « Nous voulons allier le meilleur des deux mondes : les expertises métier d’Orange ainsi que l’agilité de décision et la qualité du suivi financier des meilleurs gestionnaires de capital-risque », résumait Jérôme Berger dans un communiqué de presse diffusé au moment du lancement du fonds.

En tant que fonds corporate, Orange Ventures offre aux startups dans lesquelles il investit, l’accès à l’écosystème Orange. « L’environnement a un peu changé aujourd’hui, mais nous sommes dans un univers ultra compétitif, et l’accès à l’écosystème Orange contribue à notre attractivité », commente Jérôme Berger. Son équipe d’une quinzaine de personnes est l’un des nombreux dispositifs d’Orange en interaction avec les startups. « Les interactions avec les écosystèmes digitaux et en particulier avec les startups sont un socle commun partagé par plusieurs entités au sein duquel chacun à son rôle. Orange Ventures est en charge de l’investissement direct dans les startups. Notre objectif primaire reste le résultat financier, ce qui nous oblige à chercher les meilleurs acteurs sur chaque secteur », précise Jérôme Berger.

Le fonds travaille en étroite collaboration avec toutes les business units du groupe, et identifie avec elles les besoins, les domaines porteurs. « Nous investissons pré-synergies dans des startups mais en pariant sur le fait que la rencontre entre le groupe et les startups va fonctionner. Jusqu’à présent cela fonctionne plutôt bien, sur la promotion 2021-2022, 90 % des startups ont contractualisé avec le groupe », confie Jérôme Berger.

Des thèses d’investissement multi-pays qui couvrent différents stades de maturité

La création d’Orange Ventures avait été annoncée fin 2019 dans le cadre du plan stratégique du groupe. « L’idée était d’amplifier la capacité d’investissement, d’élargir les thèses d’investissement et de repenser les synergies entre les startups et le groupe », précise Jérôme Berger.

La principale stratégie s’adresse à des entreprises européennes matures et investit des tickets maximum de 20 millions par tour, principalement en série B. Le fonds s’est repositionné pour investir dans ces sociétés, plus à même d’avoir des synergies avec le groupe Orange. Il couvre quatre domaines principaux, en lien avec les métiers historiques du groupe : réseau IT, transformation digitale, sécurité et fintech. Trois autres domaines d’investissement sont venus s’ajouter : marketplaces B2C, contenu media et gaming avec par exemple Brut et la e-santé avec le dernier investissement en date, Sêmeia.

En Europe toujours, Orange Ventures Impact investit des tickets de 750 000 à 3 millions d’euros en amorçage et en série A sur trois thématiques : l’efficacité énergétique, l’inclusion et l’aide aux personnes.

50 millions sont également dédiés à l’Afrique, où le groupe Orange a une présence historique. L’objectif est d’une part d’investir dans les futurs champions africains de la tech en aidant à leur développement sur le continent africain et au-delà. « En Afrique, l’innovation est moins cloisonnée et plus foisonnante, nos secteurs d’investissement sont donc plus diversifiés, on investit dans la digitalisation de l’économie au sens large », commente Jérôme Berger. D’autre part, Orange Venture souhaite contribuer à dynamiser l’écosystème dans les dix-huit pays ou le groupe est présent. « Nous avons pour ambition d’accompagner cent startups d’ici 2025, et nous avons déjà investi dans une dizaine de startups », déclare Jérôme Berger.

Trois axes de développement majeurs

Le fonds présent à Paris et au Caire a investi dans une cinquantaine de startups, dont 18 en 2021. Dans les prochaines années, Orange Ventures souhaite développer trois axes majeurs. Tout d’abord, le fonds souhaite développer l’investissement en région et travailler avec les écosystèmes locaux. Il souhaite également ouvrir sa capacité d’investissement direct dans les pays où Orange est présent. « Aujourd’hui, l’essentiel des investissements en Europe se concentre sur les nordiques, Londres, Berlin et Paris, mais il y a de formidables opportunités à saisir en Roumanie, en Pologne et en Belgique », commente Jérôme Berger.

Enfin, le fonds qui investit aujourd’hui majoritairement dans des logiciels, souhaite aller vers
des startups plus industrielles.