Le Japon sourit à Iktos. Cette start-up française, qui s’appuie sur l’intelligence artificielle pour accélérer la découverte de nouveaux médicaments, vient en effet de nouer un partenariat avec le laboratoire pharmaceutique japonais Kissei Pharmaceutical, spécialisé notamment dans l’urologie et la dialyse rénale. Il s’agit du quatrième contrat de ce type signé par Iktos sur l’archipel nippon.

Dans le cadre de cette alliance, Kissei Pharmaceutical va pouvoir bénéficier de la plateforme Makya de la jeune pousse française, qui permet de découvrir de nouveaux médicaments. Celle-ci repose sur des modèles génératifs profonds et une technologie de génération de structures chimiques à partir de données, de manière à orienter le processus de découverte de molécules afin d’accélérer l’identification de nouveaux candidats-médicaments.  L’enjeu est colossal alors que les premières étapes de la découverte d’un médicament prennent en moyenne cinq ans et nécessitent en génération un investissement de 100 millions de dollars par candidat.

Une levée en mars pour lancer une nouvelle plateforme

C’est d’ailleurs dans cette optique de raccourcir les délais que la société tricolore, lancée en octobre 2016 par Quentin Perron, Nicolas Do Huu et Yann Gaston-Mathé, a levé 15,5 millions d’euros en mars dernier. En effet, elle entend mettre à profit ce financement pour lancer Iktos Robotics, une plateforme couvrant toutes les étapes de la découverte de médicaments. En plus de l’intelligence artificielle, cette solution repose sur l’automatisation de la synthèse chimique pour accélérer encore davantage le processus de découverte de médicaments.

"La recherche de nouveaux actifs pharmaceutiques est aujourd’hui encore une quête laborieuse et incertaine, qui se fait à tâtons dans un univers chimique composé d’une quantité pratiquement indénombrable de molécules potentielles. L’application de l’intelligence artificielle à la recherche préclinique porte l’espoir d’un changement radical pour les chercheurs qui explorent cet univers chimique", estimait Yann Gaston-Mathé, co-fondateur et PDG d'Iktos, à l’occasion de cette levée de fonds. Avec son approche, la société a déjà séduit plusieurs poids lourds de l’industrie pharmaceutique, à l’image de Pfizer, Merck, Janssen ou encore Servier. Elle évolue sur un marché occupé par quelques rares start-up, à l'image d'Owkin.