Peut mieux faire ! C'est le sentiment que nous avons lorsque nous lisons et analysons la performance des entreprises tech en Europe, qui se sont introduites en bourse (IPO), trois ans après leur opération, et issue du baromètre du cabinet Scale X Invest, que Maddyness vous révèle en exclusivité. 

Le constat global est assez décevant. Sur l'ensemble de l'échantillon, la performance annuelle moyenne dans les trois années suivant l'introduction s'établit à -6%”, constate sans ambiguïté Sébastien Paillet, le CEO de Scale X Invest. Dans son baromètre 2025, ce cabinet s’est penché sur le bilan des 119 IPOs d’entreprises technologiques européennes (hors biotech) opérées entre 2015 et 2024, avec une capitalisation à l’introduction supérieure à 400 millions d’euros. La majorité d’entre elles cotent aujourd’hui en dessous de leur cours d’introduction…

Mais le constat n’est peut-être pas si mauvais : il s’améliore même par rapport aux années passées ! L’année 2022 avait ainsi été “catastrophique” en termes de performance, avec une baisse moyenne de 44% et une médiane à -50%. “La situation s'améliore progressivement, avec +7% en 2024 et une stabilité relative au premier semestre 2025 à -1%. Mais nous n'avons pas encore retrouvé les niveaux de valorisation de 2021”, explique le CEO. 

Des approches différentes des deux côtés de l’Atlantique

Dans le détail, les disparités sont notables selon la place de cotation et la taille des entreprises concernées. “Les entreprises cotées sur le Nasdaq affichent une performance moyenne de -15% par an dans les trois années post-IPO, et -17% sur le New York Stock Exchange. À l'inverse, les entreprises cotées en Allemagne enregistrent +14% de performance annuelle moyenne, +10% en Suisse. Euronext et la London Stock Exchange se situent autour de -10%”, détaille Edouard Thibaut, le COO de Scale X Invest.

Cette différence s'explique notamment par l'approche des banques lors du processus d'introduction : les banques américaines ont tendance à rechercher une valorisation maximale lors de l’introduction en Bourse, quitte à subir des corrections importantes ensuite. Les banques européennes, elles, adoptent une posture plus conservatrice, en recherchant un équilibre et en prenant davantage en compte la trajectoire post-IPO et les intérêts des investisseurs.

Une corrélation claire entre la taille et la performance

Autre élément explicatif : la taille des entreprises. Celles générant plus de 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires affichent une croissance annuelle moyenne de 7,2% de leur valorisation. Au-dessus d'un milliard, la performance reste honorable à environ 5% par an sur trois ans. En dessous du milliard, on tombe à -2% annuel. 

Mais la chute devient brutale pour les plus petites capitalisations : entre 100 et 200 millions de chiffre d'affaires, la performance plonge à -19,3%, et à moins de 100 millions, on atteint -30%. D’où l’avertissement très clair de Sébastien Paillet : investir dans une IPO de moins de 100 millions de chiffre d'affaires expose à un risque très élevé de perte totale du capital en trois ans.”

Le baromètre complet : https://scalex-ipo.vercel.app/ipo