En 2021, Thomas Gounot et Arthur Rocle partent d’un constat simple : s’équiper en matériel de sport technique coûte cher et le marché de l’occasion reste éclaté, peu lisible et souvent peu sécurisé pour l’acheteur comme pour le vendeur. « Campsider, c’est un peu le Back Market des vélos et des skis d’occasion », résume Thomas Gounot, cofondateur de la startup, qui ouvre aujourd’hui son capital au grand public via une campagne sur Sowefund, venant compléter une troisième levée de fonds pour un montant total de 1,5 million d’euros.

Concrètement, quasi rentable sur son marché natif, Campsider engage une levée de fonds de 1,5 million d’euros pour financer son expansion internationale avec deux marchés frontaliers en ligne de mire. « Avec 10 millions de volumes d’affaires, nous sommes littéralement aux portes de la rentabilité sur notre marché natif ; cette levée n’est pas un besoin urgent, c’est un choix stratégique pour financer un projet précis de croissance », explique le co-CEO.​

Le tour est mené par les investisseurs historiques Founders Future et un nouveau fonds, 50Partners Impact, complétés par une enveloppe de 200 000 euros réservée au grand public via Sowefund. Les investisseurs historiques ont couvert 80% de l’enveloppe, laissant 20% soit 200 000 euros ouverts à de nouveaux investisseurs jusqu’à début février avec un ticket minimum de 500 euros. « Au regard de la maturité de l’entreprise, c’est sans nul doute la dernière fois que nous ouvrons notre capital aux particuliers, et très certainement la dernière levée », prévient Thomas Gounot.​

La campagne de financement participatif vise à lever 200 000 euros sur Sowefund, avec des tickets à partir de 500 euros, afin de financer principalement des dépenses marketing SEO, notoriété, acquisition pour lancer les deux nouveaux pays. « La force de notre modèle, c’est qu’on n’a pas besoin de recréer un catalogue : nous pouvons ouvrir l’Allemagne et l’Italie avec les vélos que nous avons déjà sur notre site français », souligne le cofondateur.​

Structurer le marché de l’occasion sportive

Le marché de Campsider est on ne peut plus précise : les équipements techniques vélos de route, VTT, VTTAE, skis, snowboard, ski de rando avec un panier moyen de 2 000 euros pour le vélo et 200 euros pour les skis, bien loin des ventes entre particuliers sur Leboncoin ou Vinted. « Nous travaillons exclusivement avec des magasins de sport, aucun particulier ne peut vendre chez nous », insiste le cofondateur, qui revendique un rôle de tiers de confiance sur des produits à fort enjeu de performance et de sécurité.​

Aujourd’hui, la jeune pousse s’appuie sur une équipe d’une dizaine de salariés et un réseau de 600 magasins partenaires en France et en Europe, dont 60% sont situés hors de l’Hexagone. Sur la plateforme, près de 14 000 vélos et 30 000 paires de skis sont disponibles, dessinant l’un des catalogues d’occasion les plus profonds du marché pour ces produits très techniques.​

Pour répondre à cette problématique, la startup digitalise les stocks d’occasion de magasins partenaires et prend en charge toute la chaîne de valeur : enrichissement des fiches produits, conseil, logistique et livraison à domicile. «Outre une sélection pointue de produits de qualité, nous dispensons les bons conseils et assurons une livraison à domicile comme sur un site e-commerce classique », détaille Thomas Gounot.​

La dimension conseil est centrale dans le modèle : les fiches sont enrichies grâce à un mix d’IA et de modération humaine, un chat en temps réel permet d’échanger avec des conseillers, et un accompagnement téléphonique est proposé pour les plus gros paniers. « Sur ce type de matériel, les clients ont besoin d’être rassurés, d’être orientés vers le bon vélo ou la bonne paire de skis en fonction de leur pratique », souligne le cofondateur.​

Une croissance maîtrisée, portée par la rentabilité

Campsider démarre par la montagne : en pleine période Covid, l’équipe digitalise les bourses au ski des grandes écoles, avant de structurer une première verticale entièrement dédiée au matériel de sports d’hiver. « Au départ, nous vendions un peu de tout, y compris du textile et des sacs à dos ; très vite, nous avons décidé de nous concentrer uniquement sur les produits techniques et d’arrêter les vendeurs particuliers », retrace Thomas Gounot.​

Cette spécialisation s’accompagne d’un premier tour de table d’1 million d’euros en 2021 auprès de Founders Future, qui permet à la startup d’affiner son modèle et de consolider son réseau de magasins partenaires. Une deuxième levée de 2,5 millions d’euros est bouclée en 2023, menée à nouveau par Founders Future et complétée par Fair Equity, Side Angel et Sowefund pour financer l’ouverture de la verticale vélo, moins saisonnière et à panier moyen plus élevé.​

Les chiffres de croissance suivent la trajectoire : 700k puis 1,7 million d’euros de volumes d’affaires au démarrage, 2 millions en 2023, 5 millions en 2024, puis 10 millions en 2025, avec désormais près de 80% de l’activité portée par le vélo. L’entreprise s’appuie sur un modèle économique combinant commissions auprès des vendeurs, prix dynamiques, services additionnels assurances, accessoires et marge sur la livraison pour atteindre une marge moyenne de 16% sur les vélos et 25% sur les skis.​

Cette discipline financière distingue Campsider d’une première génération d’acteurs de la seconde main sportive, dont certains concurrents directs Barooders - en liquidation judiciaire -, ou Everide ont disparu. « Le besoin existe, mais si on met de côté le business model trop longtemps, on finit par disparaître. Pour ce qui nous concerne, nous sommes pour la toute première fois rentables sur la fin de l’exercice 2025 et notre objectif numéro un du premier semestre 2026, c’est la rentabilité », affirme Thomas Gounot.​

L’ouverture imminente de nouveaux marchés en Europe

Le premier semestre 2026 sera consacré à la consolidation de la rentabilité, avant un déploiement international progressif, probablement avec un lancement de l’Italie en premier au second semestre. Campsider vise 17 millions d’euros de chiffre d’affaires fin 2026, puis 24 millions en 2027, en s’appuyant sur un marché de l’occasion sportive en pleine structuration, un catalogue de plusieurs dizaines de milliers de produits techniques et une communauté de 600 magasins partenaires déjà présente à 60% hors de France.​

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