Avec l’intelligence artificielle, la propriété intellectuelle bascule dans une nouvelle dimension. Dans ce contexte, la startup franco-américaine DeepIP a développé un outil d’IA qui aide les professionnels de la propriété intellectuelle à accélérer le processus de dépôts de brevets et gérer l’ensemble du cycle de vie de ces derniers. Une approche qui aiguise l’appétit des investisseurs.

Ainsi, la société, spin-off de Kili Technology, vient de boucler une série B de 25 millions de dollars menée par Korelya Capital, le fonds de Fleur Pellerin, et Serena. Headline (Mistral AI, Bumble, Farfetch..) et Balderton Capital (Aircall, Photoroom, Revolut…) ont également participé à l’opération. Celle-ci vient s’ajouter aux 15 millions de dollars levés en mars 2025.

«Accélérer la croissance sur 18 à 36 mois sans contrainte»

Avec ces 40 millions de dollars captés en l’espace d’un an, DeepIP entend ainsi rapidement monter en puissance pour se positionner en tant qu’acteur mondial capable d’injecter de l’IA à chaque étape du cycle de vie du brevet pour aider les entreprises à innover avec davantage de sérénité. «La première vague d’intelligence artificielle appliquée aux brevets s’est principalement concentrée sur l’accélération de tâches individuelles. Or la pratique des brevets repose sur un travail cumulatif, qui s’inscrit dans la durée, mobilise plusieurs équipes et implique de nombreuses décisions», souligne François-Xavier Leduc, co-fondateur et CEO de DeepIP.

La société franco-américaine, basée entre Paris et New York, observe que le temps de rédaction d’un brevet est passé de 25 heures à 12 heures, et le temps pour répondre à une opposition de 5 heures à 2h30. Dans ce contexte, le gain de temps est souvent réinvesti pour améliorer la qualité des brevets, les rendant plus robustes et défensifs. Et une meilleure qualité initiale réduit le nombre d’objections, ce qui génère des économies financières substantielles.

Les États-Unis, marché prioritaire

Pour répondre à la demande croissante de ses clients, notamment des entreprises du Fortune 500, DeepIP veut donc battre le fer tant qu’il est chaud auprès des investisseurs. «On grossit tellement vite qu’on se dit qu’il faut assurer la capacité financière pour accélérer la croissance sur 18 à 36 mois sans contrainte», estime François-Xavier Leduc. «Quand on est entrepreneur, il faut prendre l’argent quand il est là, surtout quand on veut aller chercher le leadership mondial. L’enjeu est d’accélérer le go-to-market pour mieux se structurer à l’échelle internationale», ajoute-t-il, tout en précisant qu'une large partie de l'argent issu du précédent tour de table n'a toujours pas été consommée. Les États-Unis, puis l’Europe et l’Asie constituent les terrains de jeu ciblés par la société. Pour l’heure, 80 % de ses clients se trouvent aux États-Unis.

Aujourd’hui, DeepIP revendique 400 clients (Dexcom, Philips…), répartis dans 25 juridictions sur les cinq continents, et plus de 40 000 dossiers traités. Quant à son chiffre d’affaires, il a été multiplié par cinq l’an passé, mais la société ne souhaite pas le dévoiler.

100 salariés fin 2026

Pour accompagner sa croissance, DeepIP a changé d’envergure, passant d’une micro-structure de moins de 10 personnes à une PME de 45 personnes en un an. La société vise la barre des 100 salariés d’ici la fin de l’année. Pourrait-elle aussi se tourner vers la croissance externe pour aller encore plus vite ? «On étudie des opportunités, vous verrez», promet avec le sourire le patron de la jeune pousse tricolore dont l'ingénierie est basée en France.

DeepIP se positionne aux côtés d’autres acteurs qui se sont aussi lancés pour accompagner les entreprises dans le dépôt et la gestion des brevets. Parmi elles, on retrouve notamment Ankar, une startup lancée par deux Françaises passées par Palantir. Ces dernières ont bouclé une série A de 20 millions de dollars en décembre dernier.