Le Campus Cyber fait sa mue. Moins d’un an après l’arrivée de Joffrey Célestin-Urbain à la tête de ce lieu «totem» de la cybersécurité en France, la nouvelle équipe dirigeante annonce une feuille de route triennale, la toute première depuis l’inauguration en 2022 de cette tour de 26 000 mètres carrés au cœur de La Défense, pour aiguiller la structure entre 2026 et 2028. Cette stratégie est le fruit de consultations menées depuis l’été dernier avec l’ensemble des parties prenantes publiques et privées du Campus Cyber (grands groupes, PME, ETI, startups, services de l’État, organismes de recherche, associations…).
La mise en place de cette feuille de route s’accompagne d’un nouveau plan d’affaires pluriannuel, qui est notamment basé sur la diversification des revenus privés via le développement de nouveaux services et la pérennisation du financement des activités d’intérêt général. La nouvelle organisation interne, active depuis le 1er janvier, doit permetrtre au Campus Cyber de se mettre en ordre de bataille pour franchir les caps fixés. Cinq pôles de création de valeur ont été identifiés dans ce cadre : expérience et vie du campus, communication et rayonnement, innovation et international, souveraineté capacitaire et cyber-résilience et développement commercial.
3 piliers pour être davantage une force motrice de la cybersécurité européenne
Cette feuille de route s’articule autour de trois piliers : la souveraineté, l’innovation et la formation. L’idée est ainsi de mettre en place une dynamique pour fédérer davantage les forces en présence au sein du Campus Cyber. Maintenant qu’elles sont bien installées dans ce lieu, symbole de la stratégie nationale tricolore en matière de cybersécurité, celles-ci, qu’elles soient publiques ou privées, doivent générer une énergie collective pour transformer la structure en véritable locomotive française pour le secteur.
Joffrey Célestin-Urbain, qui a succédé à Michel Van Den Berghe en mars 2025, et son équipe souhaitent en effet que le Campus Cyber devienne «un opérateur-pivot au service de la stratégie nationale cyber de l’État et de l’agenda de souveraineté numérique français et européen». «L’ADN unique du Campus Cyber, qui est un lieu-vitrine et un carrefour public-privé des forces françaises de la cyber dans toute leur diversité, le prédispose à jouer un rôle de plateforme servicielle au profit de l’ensemble de la filière du numérique de confiance, au-delà de celui de simple hébergeur immobilier», assure ainsi le patron du Campus Cyber.
Accélérer le passage à l’échelle des startups cyber
Pour se rapproche de cet objectif, la structure prévoit de poser dès cette année les bases de trois nouvelles platesformes de services destinées à être complètement déployées en 2027 : une forge à croissance des entreprises de la cyber et du numérique de confiance pour accélérer le passage à l’échelle des startups, un plateau technique national de référence mutualisé pour les acteurs publics et privés de la recherche et de l’innovation, ainsi qu’un dispositif dédié au renforcement de la cyber-résilience des PME et des collectivités locales en vue de l’application de la directive européenne NIS2. Les programmes existants seront refondus dans ces nouveaux dispositifs.
En attendant la mise sur orbite de ces trois initiatives, le Campus Cyber va proposer en 2026 une nouvelle programmation événementielle («La Place Cyber») et impliquer davantage les antennes régionales du Campus Cyber et les partenaires européens pour avoir une meilleure force de frappe à l’échelle du du Vieux Continent. A l’heure où la France et l’Europe doivent faire face à des cyberattaques de plus en plus nombreuses et sophistiquées, notamment en provenance de la Russie, le Campus Cyber entend ainsi se positionner comme un carrefour stratégique européen des idées et des ambitions de l’écosystème pour mieux défendre la souveraineté continentale dans ce secteur ô combien crucial.