Dix pays, 8700 participants, 80 témoignages, la patte de l’Ipsos et deux experts reconnus : pour son enquête consacrée à l’engagement des collaborateurs, Pluxee (leader historique des avantages aux salariés) n’a pas lésiné sur les moyens. Et les chiffres viennent questionner les discours que l’on entend depuis deux ans autour du Quiet Quitting. Ils montrent que l’enjeu n’est pas un recul massif de l’engagement, mais une redéfinition de la place du travail dans la vie.D’abord, 83 % des répondants déclarent qu’ils aiment ou adorent leur entreprise. 83 %, oui ! Et pour la France, ce chiffre s’élève à 77 %.
 
« Les collaborateurs s’investissent dans leur travail, mais pas au détriment du reste. Ils posent des limites, composent avec leurs moments de vie, et cherchent un équilibre global. C’est cela, l’engagement raisonné », résume Malena Gufflet, DG de Pluxee. L’étude identifie huit profils d’engagement, dont l’engagement raisonné (34 %), qui caractérise des collaborateurs impliqués, productifs, mais conscients de leur besoin de limites pour maintenir un équilibre durable.
 

Une vie professionnelle est tout sauf linéaire

« L’engagement n’est ni binaire ni figé, souligne également Malena Gufflet. Il évolue au rythme des trajectoires personnelles. Une même personne peut traverser plusieurs phases d’engagement selon ses moments de vie. D’où l’importance, pour les dirigeants comme pour les DRH, de personnaliser l’expérience employé et d’adapter les réponses dans le temps.» C’est pourquoi il est important pour un entrepreneur et/ou un DRH de personnaliser, au maximum, la relation avec chaque collaborateur et de la faire évoluer dans la durée..Autre conseil aux employeurs : l’autonomie fait partie des besoins les plus marqués des Français.
 
45 % des salariés français déclarent être plus épanouis lorsqu’on leur en donne davantage. « L’entreprise n'a pas à "donner" du sens au travail, elle doit en revanche permettre à chaque employé de le trouver à son niveau », a commenté Jean-Baptiste Barféty, l’un des deux experts associés à l’étude, rapporteur du rapport Notat-Senard sur l'entreprise comme objet d'intérêt collectif et directeur du Projet Sens, un collectif de dirigeants engagés sur le sens au travail.« Plus de la moitié des répondants citent aussi les collègues et l’ambiance comme première source de motivation, même avant le salaire, reprend Malena Gufflet. Il est donc important de proposer des bureaux qui permettent aux liens de se développer».

L’engagement ne se mesure pas en heures passées devant l’écran

À la question « Si vous aviez 4 heures libres de plus par semaine, que feriez-vous ? », les répondants sont 37 % à dire qu’ils passeraient plus de temps avec la famille et les proches, 15 % à opter pour le sport, 14 % à envisager de prendre un emploi complémentaire pour gagner plus et 12 % à « profiter de bons moments. »
 
« Quand les collaborateurs sont heureux et ont du temps pour leur vie, quand les process valorisent les résultats plutôt que l’hyperactivité, tout le monde y gagne », a résumé Brigid Schulte, seconde experte interrogée par Pluxee, journaliste américaine lauréate du prix Pulitzer, auteur des best-sellers Overwelmed (2014) et Over Work (2025) et directrice du Better Life Lab au sein du think tank indépendant New America.En conclusion, les employés attendent de leur entreprise une forme de réciprocité de leur engagement, avec notamment des avantages matériels, des perspectives d'évolution, de l'autonomie et en favorisant les relations dans un environnement professionnel bienveillant.