Nicolas Dufourcq n’a jamais la langue dans sa poche. Le directeur général l’a démontré une nouvelle fois ce jeudi 22 janvier au micro d’Apolline de Malherbe sur BFM TV. Alors que la situation géopolitique inquiète de nombreux investisseurs et entrepreneurs en France, surtout au lendemain d’une journée où Donald Trump a sorti la sulfateuse à Davos contre l’Europe, qui lui a donné du fil à retordre ces derniers jours concernant son obsession d’annexer le Groenland.

Face aux turpitudes du président américain, Nicolas Dufourcq n’y va pas avec le dos de la cuillère. Il appelle ainsi à «garder son calme parce qu’il a une technique de négociation presque infantile», en référence à ses manœuvres pour tenter de rattacher le Groenland aux États-Unis. «C’est de l’ordre du cri primal et ça s’aggrave avec l’âge», a-t-il renchéri. S’il n’obtient pas ce qu’il veut, le locataire de la Maison-Blanche a pris l’habitude en effet de menacer directement les dirigeants et instances qui ne vont pas dans son sens, quitte à agiter des droits de douane toujours plus exorbitants, voire à les insulter. Emmanuel Macron et ses lunettes Aviator ont en d’ailleurs pris pour leur grade à Davos.

«C’est lui l’enfant, donc soyons calmes»

Devant les décisions imprévisibles de Donald Trump, le patron de Bpifrance estime qu’il est nécessaire de prendre du recul et ne pas lui accorder plus d’importance que de raison. «Il ne faut pas que l’on donne l’impression d’être des enfants effrayés par le père. C’est lui l’enfant. Donc soyons calmes», a-t-il déclaré sur BFM TV. Face aux menaces du président américain si les pays européens, comme la France, le Royaume-Uni et le Danemark, ne soutenaient pas son projet d’annexion du Groenland, un vent de panique s’est emparé du Vieux Continent. Mas les dirigeants européens, y compris Giorgia Meloni en Italie, ont affiché un front relativement uni, estimant que Donald Trump commettait une faute avec cette obsession de redresser la carte du cercle arctique.

Pour «calmer» le président américain, Nicolas Dufourcq rappelle que l’Union européenne a des moyens à sa disposition afin de nourrir sa riposte. «Le président de la République a raison de dire que, si l’enfant se met à faire absolument n’importe quoi, comme 200 % de droits de douane sur le cognac, il est légitime de commencer à agiter l’instrument de coercition, ’le bazooka’ européen qui permet de calmer les ennemis et en particulier cet enfant», a-t-il ainsi lancé. A son retour à Washington, Donald Trump devrait apprécier cette sortie médiatique fracassante du patron de Bpifrance. Réputé pour son franc-parler, ce dernier n’avait pas hésité déjà à monter au front en septembre dernier quand la taxe Zucman électrisait la French Tech. Il avait alors dénoncé «un truc complètement absurde pour hystériser le débat» politique.