Le gouvernement français met en place de nouvelles mesures pour renforcer la souveraineté numérique du pays. La ministre chargée du Numérique a présenté la feuille de route du gouvernement pour tenter de sortir la France de sa dépendance aux géants américains du secteur. "Aujourd'hui, la France et l'Union européenne font face à des dépendances technologiques profondes. Cette situation n'est plus acceptable", a lancé Anne Le Hénanff à l'ouverture des Rencontres de la souveraineté numérique, réunissant à Bercy responsables publics, dirigeants d'entreprise et acteurs du secteur.

La ministre, qui souhaite défendre "une préférence européenne" sur le numérique, a souligné les "vulnérabilités" auxquelles s'expose la France en se reposant sur des services numériques extra européens, notamment au regard des décisions "unilatérales prises par des acteurs étrangers". Elle a notamment appelé les entreprises françaises "à s'engager davantage en faveur des solutions françaises et européennes", assurant que l'Etat serait "exemplaire".

Un numérique "Made in France"

Parmi les outils présentés: le lancement d'un Observatoire de la souveraineté numérique, annoncé en avril 2025, permettant de cartographier et d'identifier les dépendances des entreprises, des administrations et des collectivités à des services numériques extra-européens. Les entreprises pourront également se tourner vers un Indice de résilience numérique, outil privé leur permettant de déterminer leurs propres dépendances selon plusieurs critères (géopolitique, juridique, etc.).

Selon un rapport du Club informatique des grandes entreprises françaises (Cigref) publié en 2025, environ 80% du total des dépenses liées aux logiciels et services de cloud à usage professionnel en Europe est passé auprès d'entreprises américaines chaque année, soit près de 265 milliards d'euros. Samedi, le ministre de la Fonction publique, David Amiel, a annoncé la généralisation "d'ici 2027" d'une solution de visioconférence "100% française" au sein de l'administration.