C’est déjà l’heure du closing final pour le fonds «Blue» de Daphni ! Dévoilé il y a moins d’un an, cet acteur phare du capital-risque tricolore annonce un closing final à 260 millions d’euros pour ce véhicule d’investissement. C’est 60 millions d’euros de plus par rapport au closing initial et même 10 millions par rapport à l’objectif escompté.
Destiné à soutenir des startups nourries par la recherche scientifique de pointe (sciences du vivant, mathématiques, physique, chimie, biologie, IA), ce fonds a d’ores et déjà permis d’investir dans des jeunes pousses deeptech issues de laboratoires de recherche comme l’Inria, l’Inserm ou l’Institut Curie. Parmi elles, on retrouve notamment Owlo, qui développe une technologie propriétaire de microscopie 3D en temps réel, Karavela, qui planche sur un modèle de fondation du cerveau à partir de données d’IRM fonctionnelle, et Neotis, qui travaille sur une solution immuno-thérapeutique pour traiter des maladies chroniques liées au vieillissement.
«Le passage du laboratoire en France au marché reste sous-exploité et largement sous-financé»
Avec ce fonds, Daphni prévoit de réaliser une quarantaine d’investissements, à raison d’une dizaine par an. Dans ce cadre, il est prévu d’injecter dans les startups ciblées, principalement en pré-série A et série A, des tickets compris entre 500 000 euros et 8 millions d’euros. Autant d’investissements qui doivent permettre d’accélérer la bascule des chercheurs vers l’entrepreneuriat. «L’Europe bénéficie d’écosystèmes scientifiques et d’innovation de tout premier plan, capables de faire émerger des leaders deeptech à l’interface des technologies numériques, de l’IA et des logiciels. Transformer cet avantage scientifique en entreprises compétitives et en capacités industrielles souveraines constitue une priorité stratégique pour l’Union européenne», estime Ambroise Fayolle, vice-président de la Banque européenne d’investissement (BEI), investisseur historique de Daphni.
Pour déployer «Blue», le fonds français est parti d’un constat : le volume de brevets et de découvertes «dormantes» dans les laboratoires est conséquent en Europe. «La France et l'Europe, qui comptent respectivement plus de 330 000 et 2,2 millions de chercheurs, génèrent un vivier immense de propriété intellectuelle issue de la recherche publique et privée dans le domaine des sciences (biologie, chimie, physique, mathématiques, sciences de la terre,..). Pourtant, le passage du laboratoire en France, 60 milliards d’euros par an, au marché reste sous-exploité et largement sous-financé. C’est précisément là que se situe l’opportunité : transformer ce capital scientifique exceptionnel en projets entrepreneuriaux technologiques, créateurs de valeur économique et sociétale», analyse Pierre-Eric Leibovici, fondateur et Managing Partner de Daphni. Dans ce contexte, le fonds tricolore entend ainsi comme un catalyseur pour flécher ce réservoir scientifique vers l’entrepreneuriat et lui donner ainsi la possibilité d’exprimer pleinement son potentiel sur le marché.