Avec son écosystème de recherche réputé à l’échelle mondiale et son tissu industriel de premier plan, Grenoble figure parmi les pôles d’attraction de la French Tech. Avec ses nombreux laboratoires, le bassin grenoblois est ainsi un important pourvoyeur de startups. La plupart d’entre elles étaient présentes à Alpexpo, à Grenoble, pour la troisième édition de Tech&Fest, le principal rendez-vous tech de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Plus de 20 000 visiteurs (chercheurs, ingénieurs, dirigeants, entrepreneurs, étudiants…) étaient de la partie.
Ces jeunes pousses prometteuses étaient notamment mises en avant sur l’iForum, cet événement dans l’événement, qui célébrait sa 28e édition cette année et vise à servir de tremplin pour les acteurs de l’écosystème local d’innovation. Que ce soit dans l’informatique quantique, les semi-conducteurs ou encore la santé, elles ont présenté des innovations originales. Maddyness vous propose de découvrir trois pépites du bassin grenoblois repérées cette semaine du côté de la capitale des Alpes.
Quobly, la pépite qui monte dans le quantique
Il s’agit de l’une des startups les plus en vue du bassin grenoblois et même de la French Tech dans le quantique. Quobly, qui veut construire un ordinateur quantique, commence en effet à se faire un nom, aux côtés des quatre grandes autres du secteur que sont Pasqal, Alice & Bob, C12 et Quandela.
La société, issue des travaux du CEA et du CNRS, s’attèle à concevoir une puce quantique en silicium, un matériau plutôt utilisé dans l’industrie des semi-conducteurs que dans le quantique. Cependant, elle souhaite à terme construire un ordinateur quantique, comme ses concurrents. Ce dernier pourrait être alors capable de concevoir plus vite des médicaments, d’améliorer les performances des entrepôts logistiques ou encore de mieux anticiper les catastrophes naturelles soudaines. Un prototype en cours de production doit permettre d’aboutir à un ordinateur quantique d’ici la fin de l’année.
DiamFab, diamant brut des semi-conducteurs
Le diamant n’est pas seulement convoité dans l’industrie du luxe, il a aussi des propriétés exceptionnelles qui intéressent certains acteurs dans l’univers des semi-conducteurs. Parmi eux, la deeptech iséroise DiamFab espère produire plusieurs dizaines de milliers de plaques de diamants semi-conducteurs à horizon 2028. Dans cette perspective, la société a d’ailleurs inauguré en janvier une ligne pilote près de la presqu’île scientifique de Grenoble, qui représente un investissement de 4 millions d’euros.
Pourquoi DiamFab place autant d’espoir et d’ambitions dans le diamant ? «C’est le semi-conducteur ultime», estime Gauthier Chicot, co-fondateur et CEO de l’entreprise. Jusque-là, le secteur a surtout misé sur le silicium, dont les limites physiques constituent un frein face aux besoins croissants de performances et d’efficacité énergétique pour répondre à la demande.
De son côté, le diamant utilisé en tant que semi-conducteur pourrait constituer une alternative particulièrement intéressante. Et pour cause, il est en mesure d’être très performant dans des conditions extrêmes. C’est pourquoi DiamFab mise sur ce minéral pour lui injecter des propriétés électriques et quantiques. Un jour, votre smartphone embarquera peut-être un diamant pour fonctionner. Qui sait ?
O-Techno, le dispositif pour détecter les otites chez les bébés
Les otites touchent 80 % des enfants de moins de 3 ans et sont la première cause de surdité pour cette tranche d’âge. Un fléau qu’il est difficile à contrer et auquel a décidé de s’attaquer la startup O-Techno. Cette dernière a vu le jour sous l’impulsion de Marine Torrollion, excédée par les otites à répétition de ses enfants.
Concrètement, elle a mis au point un dispositif, baptisé «Oticheck», qui repose sur une technologie acoustique envoyant une mélodie dans l’oreille. De cette manière, il est possible d’analyser la réaction du tympan face à ce signal sonore pour détecter la présence d’un corps liquide, qui est le signe d’une otite séreuse ou d’une otite moyenne aigüe. Marine Torrollion espère mettre ce produit sur le marché en 2028 au prix de 119 euros dans les pharmacies.
Avec ces startups et l'ensemble des acteurs acteurs de l'innovation qui font vivre son territoire, Grenoble a voulu prouver à Tech&Fest qu'elle méritait bel et bien son statut de Capitale européenne de l'innovation 2026. Mission réussie au vu de l'affluence de ces deux journées à Alpexpo. L'événement reviendra pour une nouvelle édition en février 2027.