10 février 2026
10 février 2026
Temps de lecture : 4 minutes
4 min

Il y a désormais plus d’un millier de startups IA en France

En marge de son AI Day à Station F, France Digitale publie son nouveau mapping des startups françaises de l'IA avec Sopra Steria Ventures. Porté par des pépites comme Mistral AI, l'écosystème tricolore s'affirme et continue de devancer l'Allemagne.
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L’intelligence artificielle continue de prendre de l’ampleur dans la French Tech. C’est ce que confirme la nouvelle édition du mapping de France Digitale dédié au secteur. Celle-ci a été réalisée avec l’appui de Sopra Steria Ventures, bras financier du groupe spécialisé dans le conseil dans la transformation numérique des entreprises. Au total, l’association de startups dénombre désormais 1 114 jeunes pousses tricolores sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’IA dans l’Hexagone, contre 750 l'an passé. C’est le double par rapport à il y a deux ans (590) et c’est plus que l’Allemagne et ses 935 startups outre-Rhin. A noter qu'une startup sur dix dans le domaine a été créée lors de ces deux dernières années.

Cet écosystème français dans l’IA représente un bassin de près de 45 000 emplois, en hausse de 25 % par rapport à 2024. Et malgré les vents contraires de l’économie mondiale et les craintes d’une bulle dans le secteur, 94 % des jeunes pousses tricolores de l’IA prévoient de continuer à recruter au cours des douze prochains mois. A l’heure actuelle, les deux tiers des startups dans le domaine comptent entre 3 et 50 employés. Sur le plan géographique, 63 % des entreprises identifiées sont basées en Ile-de-France. La deuxième région la plus représentée, l’Auvergne-Rhône-Alpes, arrive loin derrière (8 %), tandis que l’Occitanie (5,7 %) complète le podium.

Voici les points clés du mapping des startups françaises de l'IA présenté par France Digitale.

Mistral AI mène la meute dans les levées de fonds

Pour se financer, elles ont levé près de 16 milliards d’euros depuis leur création, un montant qui a progressé de 23 % en un an. Dans le détail, plus de 67 % de ces jeunes pousses ont déjà levé des fonds, essentiellement en phase d’amorçage et en série A. La progression du montant total levé a été porté par les 32 startups qui ont réalisé des tours de table de plus de 100 millions d’euros. La palme de la plus grosse opération revient à Mistral AI, qui a battu tous les records avec sa série C de 1,7 milliard d’euros qui a propulsé sa valorisation à 11,7 milliards d’euros, permettant ainsi à l’entreprise de devenir la toute première décacorne de la French Tech.

«Les startups françaises de l’IA s’imposent chaque année davantage comme les locomotives de l’écosystème d’innovation et demain, de l’économie», se réjouit Maya Noël, directrice générale de France Digitale. Elles ont généré un chiffre d’affaires cumulé de près d’un milliard d’euros en 2025 et bonne nouvelle : une startup sur deux est déjà rentable ou prévoit de l’être au cours des trois prochaines années. Les grands groupes (28,9 %) sont leurs principaux clients, devant les ETI (23,8 %) et les PME (19,5 %).

«Est-ce que l’IA va manger tout le logiciel ?»

Ce sont dans les domaines de la santé (10,4 %), du marketing et de la publicité (6,9 %), et de la data et du cloud (6,3 %) que l’on retrouve le plus de startups françaises d’IA. Quant à leur positionnement dans la chaîne de valeur de l’IA, 35,1 % d’entre elles ciblent les applications et services finaux, 21,7 % les logiciels et frameworks, et 20,5 % les données. Sans surprise, c’est l’IA générative, citée par 78,7 % des startups, qui s’impose comme la technologie dominante, surtout en ce qui concerne la couche applicative des solutions d’IA, bien loin des maigres 17 % observés en 2023.

Si l’écosystème est de plus en mature, de nombreux défis technologiques restent à relever. La fiabilité des résultats est ainsi une priorité pour une startup sur deux, devant l’accès à la donnée (33 %) et l’explicabilité (29 %). Sur le plan business, trouver des clients (41 %), lever des fonds (37 %) et recruter des profils techniques (28 %) sont les trois défis qui les préoccupent le plus. «L’IA est en train de manger d’autres pans de l’économie. Ces dernières années, le logiciel mangeait le monde. Maintenant, la question est la suivante : est-ce que l’IA va manger tout le logiciel ?», s’interroge Socheat Chhay, directeur général de Sopra Steria Ventures. Cette question devrait agiter les débats prévus à l’occasion de l’AI Day organisé par France Digitale à Station F ce mardi 10 février, un an après le Sommet pour l’Action sur l'IA.

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La France est l'un des écosystèmes d'IA les plus dynamiques d'Europe. Crédit : Maddyness.