"Il y a 20 ans, on disait que l'e-commerce était l'eldorado, parce qu'on n'avait pas à supporter le coût d'une boutique physique. Mais aujourd'hui, les coûts du e-commerce n’ont rien de négligeable", explique Maxime Garrigues, le fondateur de Getinside. La startup développe un logiciel permettant de monétiser la publicité sur les sites de e-commerce, ce qu'on appelle le "retail media". Elle lève aujourd'hui 3,2 millions d'euros (dont 1,2 de dette) auprès de La Poste Ventures (géré par XAnge), Swiss Post Ventures, 50 Partners et Clover, avec la participation de Founders Future, qui remet au pot.
De fait, dans cet environnement désormais ultra-concurrentiel et aux marges contraintes, tout revenu additionnel est bon à prendre pour les grands e-commercants. Amazon, Walmart, Carrefour, Auchan, Veepee ou Fnac-Darty l’ont bien compris : ces dernières années, les grands acteurs de la distribution ont fortement développé la monétisation de leurs audiences et de leurs bases de clients par la publicité.
Selon les tous derniers chiffres de l’Observatoire de l’e-pub SRI, réalisé par Oliver Wyman, en partenariat avec l’UDECAM, ce marché dit du “retail media” a connu une croissance de 13% en France l’an dernier, pour atteindre 1,38 milliard d’euros. Et ce, seulement pour ce qui concerne le volet “digital” du retail media : la publicité en point de vente ou dans les colis e-commerce, notamment, n’y est pas comptabilisée.
Une plateforme “retail media” pour la longue traine
Mais quid de la “longue traine” des e-commerçants de taille moyenne, qui n’ont pas la taille critique pour développer leur propre offre publicitaire ? C’est justement sur ce créneau que se positionne Maxime Garrigues, ancien dirigeant d'Xprime, une agence vendue au groupe WPP en 2014. Et ainsi démocratiser le retail média auprès de tous les commerçants.
Sa proposition de valeur repose sur un principe simple mais puissant : l'agrégation d'audiences. "Chaque audience prise séparément n'a pas la puissance pour attirer de gros annonceurs. Mais agrégées, elles ont cette puissance", explique Maxime Garrigues.
Getinside surfe également sur une tendance émergente : la volonté des annonceurs de diversifier leurs sources d'acquisition et de relocaliser une partie de leurs investissements. "On voit une prise de conscience de l'impact des GAFAM. Quand on investi son cash dans l'audience de Kiabi, on investit dans une boîte basée dans le nord de la France, pas chez Google ou Meta", souligne l’entrepreneur.
Vers un doublement de taille ?
Comme toute startup qui se respecte aujourd'hui, elle intègre de l’IA à sa plateforme, avec un objectif : pousser la “scalabilité” à l'extrême, pour gérer des milliers d’e-commerçants et d’annonceurs sans pour autant démultiplier les effectifs. Pour 2026, Getinside vise 3 millions d'euros de chiffre d'affaires, soit un quasi-doublement. "Cette levée répond au nouvel état d’esprit de l’écosystème : on lève ce dont nous avons besoin, avec un business model déjà démontré", explique Maxime Guarrigues.
Trois ans et demi plus tard, Getinside revendique 1,6 million d'euros de chiffre d'affaires en 2025, plus de 250 e-commerçants clients et 300 annonceurs actifs ayant réalisé 950 campagnes. Surtout, l’entreprise a enrichi son offre en diversifiant les formats publicitaires : emails post-achat, distributions d'échantillons, et bientôt publications sur les réseaux sociaux.
De plus, la startup compte doubler ses effectifs (8 personnes actuellement) pour continuer son développement et élargir les formats proposés aux marques.