À Lyon, HUB612 Participations s’inscrit dans une histoire plus longue que celle d’un simple véhicule d’investissement. À l’origine, il y a le HUB612, créé en novembre 2016 à l’initiative de la Caisse d’Épargne Rhône-Alpes. Pensé d’abord comme un incubateur, le HUB612 accompagne des startups fintech et assurtech, en lien direct avec les métiers cœur de la banque et de l’assurance, mais aussi avec une ambition plus large de transformation. « Le Hub devait être un outil au service de la transformation digitale et de la culture de l’innovation, tout en jouant un rôle actif dans le développement économique du territoire », explique Maud Charaf, directrice générale de HUB612.
Avec le temps, le HUB612 a évolué. L’accompagnement s’est structuré, les projets ont gagné en maturité et la logique d’incubation a progressivement laissé place à celle d’un accélérateur. Une pièce manquait toutefois pour compléter l’écosystème. « Nous avions l’accompagnement humain, l’hébergement et l’expertise. Il manquait le financement pour créer un cercle vertueux complet », résume Maud Charaf. En 2018, le HUB612 a donc lancé HUB612 Participations, avec une conviction forte : investir là où l’équipe connaît déjà les entrepreneurs, leur produit et leur capacité d’exécution.
Un fonds pro-entrepreneurs, sans “equity for services”
HUB612 Participations revendique un positionnement clair et plutôt original pour un fonds affilié à un incubateur. « Nous ne faisons pas d’equity for services », affirme Maud Charaf. Autrement dit, intégrer le HUB612, en incubation ou en accélération, n’implique aucune promesse d’investissement. « Une entreprise peut être accompagnée sans que nous investissions. Dans tous les cas, avant d’investir, nous prenons le temps de nous connaître, d’observer l’équipe, la tech et la solidité du projet », précise-t-elle.
Cette phase d’observation va de pair avec une approche mesurée de la levée de fonds. « Nous ne prônons pas la levée coûte que coûte. Le bootstrap reste une option tant que la stratégie ne justifie pas une accélération financée », insiste Maud Charaf. Lorsqu’un investissement est réalisé, HUB612 Participations assume un rôle très opérationnel. « Nous sommes un fonds très impliqué. J’aime dire que nous sommes le douzième homme de l’entreprise », explique-t-elle, évoquant un accompagnement de proximité, souvent facilité par l’hébergement des startups au sein de HUB612.
Une thèse qui se concentre sur l’amorçage
La thèse d’investissement de HUB612 Participations se concentre sur le pré-seed et le seed. « En pré-seed, nous sommes très régulièrement lead. En seed, nous sommes le plus souvent co-lead », détaille Maud Charaf. Le fonds a fait évoluer son ticket moyen au rythme de la maturité des entreprises accompagnées. Initialement compris entre 50 000 et 150 000 euros, les tickets sont montés jusqu’à 300 000 euros, avant une nouvelle étape récente. « Depuis l’an dernier, nous pouvons aller jusqu’à 1 million d’euros en réinvestissement, pour suivre certaines lignes jusqu’à la série A », précise-t-elle. Le fonds devrait d’ailleurs prochainement participer à sa première série A pour l’une de ses participations.
Historiquement centré sur la fintech et l’assurtech, HUB612 Participations a élargi son périmètre. « Nous avons fortement développé le SaaS B2B, puis des verticales comme l’IA, la cybersécurité, la RegTech ou la LegalTech », explique Maud Charaf. Le fonds reste ancré sur le territoire Rhône-Alpes, avec une extension vers la Suisse romande, en cohérence avec le périmètre de la Caisse d’Épargne Rhône-Alpes.
Parmi les derniers investissements de HUB612 Participations, on retrouve Wavo, solution de financement des stocks de TPE et PME, l'insurtech Dylogy ou encore la legaltech Ubikap. Aujourd’hui, HUB612 Participations compte 26 participations. Deux exits ont déjà été réalisés, dont Mon Petit Placement, accompagné depuis l’incubation jusqu’à la sortie.
Côté rythme, le fonds vise entre quatre et cinq investissements par an, sans logique de volume. « L’an dernier, le dealflow n’était pas suffisamment qualitatif. Nous avons préféré réaliser un seul nouvel investissement et deux réinvestissements », explique Maud Charaf. Désormais, 40 % des capacités du fonds sont réservées au suivi du portefeuille. HUB612 Participations gère environ 8 millions d’euros, qui ont été alloués par la Caisse d’Épargne Rhône-Alpes. Le fonds vise un objectif de rentabilité, avec une trajectoire d’autonomie financière à horizon 2028.