Depuis sa création, Opus Aerospace a déjà réuni environ 3 millions d’euros en combinant subventions et capitaux privés, notamment auprès de Bpifrance, BADGE, Itera Invest, Defense Angels et du groupe industriel FIVES,. La campagne actuelle sur Sowefund s’intègre dans une nouvelle levée de 1,2 million d’euros, dont 500 000 euros en financement participatif, le solde étant apporté par des investisseurs privés. Ce tour fait office de passerelle vers une levée d’environ 5 millions d’euros prévue fin 2026, qualifiée de pré‑série A, destinée à financer l’industrialisation de la fusée Mésange et le déploiement commercial de la startup.
Les fonds levés seront consacrés à 40% à la R&D, 25% aux opérations commerciales, 25% aux investissements industriels et 10% aux besoins opérationnels (logistique, administratif, validation technique). Sur le plan opérationnel, Opus Aerospace prévoit une phase de maturation technologique jusqu’à mi‑2026, ponctuée par un premier lancement suborbital depuis le Centre spatial guyanais de Kourou, dans le cadre du contrat signé avec le CNES. Viendront ensuite, entre 2026 et 2027, les premiers déploiements commerciaux envisagés : missions depuis le site de la DGA, un vol pour un grand groupe d’enseignement privé du supérieur depuis la Suède, ainsi que des campagnes de simulation de menace pour la société saoudienne Midana. « Notre force, c’est notre dualité : on adresse à la fois le marché de la défense, en pleine expansion, et celui des tests scientifiques en vol, ce qui nous permet de lisser les risques et de rassurer les investisseurs », insiste Safouane Benamer.
Une réponse à un angle mort stratégique
Créée en 2020, Opus Aerospace se donne pour mission de bâtir une plateforme souveraine et évolutive de fusées en Europe, capable d’opérer dans la zone suborbitale jusqu’à 150 kilomètres d’altitude. « Cette zone, aux portes de l’espace, est trop haute pour les avions et trop basse pour les satellites, mais elle est cruciale pour les applications civiles et militaires », résume son fondateur Safouane Benamer, ingénieur aérospatial formé à l’IPSA et passé par le programme Perseus du CNES.
Le constat est préoccupant : 83% des petits lanceurs et systèmes de cibles aériennes utilisés en Europe sont fournis par des acteurs non européens ce qui crée une dépendance jugée problématique du point de vue de la souveraineté stratégique. Face à cette situation, Opus Aerospace développe Mésange, une fusée sonde d’environ 5 mètres de long et 16 centimètres de diamètre, propulsée par le moteur Torgos imprimé en 3D, utilisant un couple peroxyde d’hydrogène/propane pensé pour limiter l’empreinte environnementale tout en offrant des performances supersoniques. « On veut apporter une solution réutilisable, performante et souveraine, qui permette à la fois de tester des technologies en conditions réelles et de simuler des menaces pour l’entraînement des forces », insiste le CEO.
Une deeptech duale, déjà soutenue par les grands acteurs publics
Autour du duo fondateur – Safouane Benamer côté business et stratégie, et Clara Salvetti, ex-CEA et Centrale Paris, à la direction technique – Opus Aerospace a déjà franchi plusieurs jalons majeurs depuis 2020. La startup a signé dès 2021 un premier contrat avec le CNES pour développer une technologie de bouclier thermique innovante, puis obtenu deux labels France 2030 (national et régional), tout en sécurisant une zone d’essais de 4 200 m² à Brétigny-sur-Orge avec le soutien du ministère des Armées.
«Opus Aeospace fait partie des rares acteurs européens à adresser à la fois les missions suborbitales et les cibles aériennes, avec une technologie propulsive propriétaire et des barrières réglementaires à l’entrée élevées », souligne Safouane Benamer, qui revendique des performances jusqu’àMach 5 pour Mésange à des tarifs jugés compétitifs.
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