Fini le temps où consulter ses comptes et gérer ses finances imposait de naviguer dans les menus complexes d’un site ou d’une application ou de maîtriser les complexités du jargon bancaire… Au sein de l’application Sumeria les utilisateurs peuvent désormais interroger leurs comptes en langage naturel, à l'écrit comme à l'oral.
“Combien ai-je dépensé chez Uber Eat ces trois dernières années ?”, “Où en suis-je de mon plafond mensuel de paiements par carte ?”, “Quelles sont les assurances liées à ma carte bancaire ?” Autant de questions du quotidien auxquelles l'assistant répond instantanément.
La simplicité, un principe fondateur de Lydia
Mais à la différence des “chatbots” de première génération - comme SoBot disponible depuis 2018 chez SG, ou Telmi, lancé en 2019 par BNP Paribas - l'assistant IA ne se contente pas de répondre aux questions. Il peut également exécuter des tâches concrètes : préparer un virement, créer une carte bancaire à usage unique, afficher un RIB... L'utilisateur formule sa demande en langage naturel, et l'assistant effectue toute la navigation dans l'application pour préparer l'action, que l'utilisateur n'aura plus qu'à valider.
Pour Cyril Chiche et Antoine Porte, les deux fondateurs de la fintech, ce n’est rien de moins qu’un retour aux sources de l’entreprise : “à l'époque du lancement de Lydia [en 2011], ça paraissait infaisable d'envoyer de l'argent instantanément à quelqu'un, juste avec son 06. On l'a rendu non seulement faisable, mais simple”, explique Cyril Chiche. “Là, c'est un peu la même chose : on a rendu extrêmement simple quelque chose qui semblait infaisable dans les services bancaires.”
“L’action et l’intention sont enfin réconciliées”, ajoute l’entrepreneur, qui y voit aussi un levier d’accessibilité et d’inclusion bancaire. "On sait bien que trouver une intuitivité universelle dans les interfaces en ligne, c’est un graal, mais ce n’est pas possible, parce qu'on est tous différents. Là, on rend accessible littéralement à tous la puissance de services numériques qui n’étaient avant réservés qu’à quelques-uns."
Un système développé en interne qui orchestre plusieurs IA
Derrière l'interface simple de cet assistant IA se cache pourtant un système complexe développé en interne depuis près de deux ans, combinant différents modèles d’IA, sélectionnées auprès de plusieurs fournisseurs - OpenAI, Google, Mistral notamment - dont les performances sont évaluées en continu.
“Ce système complet orchestre plusieurs briques technologiques, dont des modèles génératifs ‘small’ ou ‘large’ Language Model, mais pas seulement,” précise Cyril Chiche. En fonction des requêtes et des cas d’usage, l'assistant IA s’appuie en effet sur de l’IA, du low code, des fonctions internes de l'application, des outils d’OCR, des bases de connaissances, etc.
Pour assurer la sécurité des données et des réponses, l'assistant IA reste cantonné à un périmètre strictement défini. “L’outil ne va jamais chercher des informations sur internet, par exemple. Et chaque brique technologique ne reçoit que les données strictement nécessaires, uniquement pendant le temps requis pour répondre, sans conservation des conversations,” insiste Cyril Chiche. Et de rappeler que “nos métiers sont des métiers de la confiance… et la confiance, ça se perd assez vite et ça met beaucoup de temps à se gagner”.