« Dès le départ, avec Wizz, on a voulu mettre l’accent sur la sécurité », confie Thomas Donninger, CEO et fondateur de Wizz. En 2019, il a mis au point cette application de rencontres amicales pour les jeunes, sans likes, sans abonnés ni fil algorithmique. « On s’est concentré sur la génération Z car, après avoir lu beaucoup d’études, on s’est rendu compte que c’était une génération très sujette à la solitude. Que les jeunes avaient moins d’amis dans la vraie vie. »
En sept ans, Wizz, qui emploie 16 personnes, a ainsi séduit 600 000 utilisateurs actifs. Et la plateforme s’est développée aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou au Canada, avant de s’implanter ailleurs en Europe. « Notre objectif est par ailleurs de cibler l'Amérique du Sud, en commençant par le Brésil, en 2027.»
60 entreprises réunies pour la protection des mineurs
La plateforme, qui appartient au groupe Voodoo, a commencé par vérifier l’âge de ses utilisateurs grâce à l’outil britannique Yoti. « Nous travaillons également avec Bodyguard pour la modération des textes mais aussi pour vérifier tous les fichiers vidéos et les images qui transitent par la plateforme », souligne Thomas Donninger.
Et pour aller encore plus loin, la plateforme vient de rejoindre la Tech Coalition « qui se bat pour la protection des mineurs », souligne le fondateur de Wizz. Cette association internationale réunit des entreprises technologiques engagées dans la lutte contre l’exploitation et les abus sexuels sur mineurs en ligne et compte aujourd’hui 60 membres, issus des secteurs de la recherche, des réseaux sociaux, du jeu, de la rencontre, de l’intelligence artificielle et des services financiers. « On trouve aussi bien des acteurs comme Meta, Google ou Microsoft que des acteurs plus petits, comme nous », souligne Thomas Donninger. Wizz devient ainsi l’une des trois seules entreprises européennes de la coalition.
Cibler les 16 ans et plus
Pour la rejoindre, Wizz a dû participer au programme Elevate de la Tech Coalition : un dispositif pilote de six mois qui vise à accompagner les plateformes dans la mise en œuvre opérationnelle de standards élevés en matière de protection de l’enfance. « Ça nous a permis de rentrer dans des groupes de discussions pour sécuriser encore plus notre outil. On avait déjà passé six mois à faire des recherches pour se protéger notamment des contenus pédopornographiques. Aujourd’hui on a une solution qui fonctionne mais la question de la sécurité évolue constamment, il faut toujours s’améliorer. Et en s’adossant à toutes les entreprises qui travaillent sur les mêmes enjeux, on peut aller plus vite », poursuit Thomas Donninger.
Et si l’interdiction des réseaux sociaux voulue par Emmanuel Macron pour renforcer la protection des mineurs n’est « pas une bonne nouvelle », elle ne devrait pas non plus empêcher Wizz de se développer. « Quand on a créé notre plateforme, elle s’adressait plutôt aux 13 - 15 ans. Aujourd’hui, nos utilisateurs ont en moyenne plus de 16 ans et nous continuons à cibler cette tranche d’âge. Les nouvelles réglementations du marché ne devraient pas trop nous affecter », souligne le dirigeant, qui veut par ailleurs cibler les plus de 18 ans et notamment les étudiants. « Nous allons lancer des nouvelles fonctionnalités pour accompagner la Gen Z dans son quotidien : des outils pour les mettre en relation localement et créer des rencontres dans la vraie vie, ainsi que des fonctionnalités liées à la vie universitaire », précise Thomas Donninger.